TRANSITION AGROÉCOLOGIQUE : Le nouveau concept qui promet la révolution

Dans un article publié dans Agronomy for Sustainable Development, un groupe d’auteurs du Cirad, d’INRAE et de l’Institut Agro développe un concept clé pour étudier et accompagner la conception de systèmes de culture associant différentes espèces. Il s’agit de l’ESSU (Ecosystem Services functional Spatial Unit), un élément manquant pour la révolution de l’agroécologie.

Un jardin potager

Jean-Baptiste HONTONNOU

Soucieux de la modélisation et de l’évaluation des systèmes agroforestiers et de cultures associées, les scientifiques du Cirad, INRAE et de l’Institut Agro Montpellier ont développé un nouveau concept qu’est l’ESSU (Ecosystem Services functional Spatial Unit) qui pourrait bien révolutionner la conception de systèmes agricoles dit « biodiversifié ». Défini comme la plus petite unité spatiale fournissant tous les services écosystémiques rendus par un système de culture reposant sur la biodiversité cultivée et spontanée, l’ESSU englobe dans les proportions de la parcelle, toutes les espèces qui interagissent entre elles et avec leur environnement (par exemple, cultures, arbres, bétail, végétation spontanée, habitats semi-naturels tels que haies, fossés et îlots forestiers, faune sauvage), pour fournir un ensemble de services écosystémiques. Se fiant aux propos de Sylvain Rafflegeau et Eric Justes, agronomes au Cirad, « ce concept novateur permet de représenter un agroécosystème biodiversifié par une brique élémentaire que l’on peut répliquer pour représenter la parcelle en entier »

En effet, ce concept offre une panoplie d’applications pour la transition agroécologique tout en prenant en compte l’introduction de biodiversité cultivée et spontanée. Et ce, pour en faire entre autres, un outil d’aide à la conception de systèmes de culture à partir des services écosystémiques ciblés par son concepteur (agriculteur, chercheur, technicien) ; un outil de représentation dans l’espace et dans le temps, des services écosystémiques rendus par les différentes espèces associées ; un outil de dialogue entre acteurs du développement agricole ; un concept mobilisable pour concevoir des modèles de cultures représentant les services écosystémiques ciblés et l’arrangement spatial des espèces dans la parcelle et une échelle adaptée pour l’évaluation des pratiques agricoles en termes de biodiversité et de résilience sur les parcelles agricoles.

Considérant donc tous ces aspects, les scientifiques nous montrent que le concept d’ESSU est applicable à une large gamme d’agroécosystèmes diversifiés. « Nous l’avons par exemple utilisé pour décrire les différentes formes d’agroforesterie à base de palmiers à huile dans le monde, et nous allons le mobiliser en septembre prochain au Mexique pour animer des ateliers de conception de systèmes de culture diversifiés avec des agriculteurs mexicains », détaille Sylvain Rafflegeau. Ce concept est également susceptible d’un outil particulièrement didactique pour déterminer l’entité spatiale à considérer, et un outil d’apprentissage pour combler les lacunes de connaissances sur les relations entre les pratiques agricoles, la biodiversité et les services écosystémiques associés.

Il est important de souligner que l’ESSU évolue en trois étapes. Des palmiers juvéniles (étape 1) aux palmiers de petite taille qui entrent en production (étape 2), puis au pâturage de la palmeraie mâture par des animaux (étape 3).

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