Le Bénin se dote d’une interprofession nationale
Pour renforcer l’organisation et la compétitivité du maraîchage, les producteurs et transformateurs béninois ont officialisé la création de l’Interprofession des Cultures Maraîchères (ICM). Cette nouvelle structure vise à améliorer la gouvernance, sécuriser l’approvisionnement et promouvoir l’emploi dans la filière.
À Dassa-Zoumé, la filière maraîchère béninoise a pris un nouvel élan. Lors d’une assemblée générale constitutive, les acteurs du secteur ont officiellement créé l’Interprofession des Cultures Maraîchères (ICM), une structure destinée à renforcer la gouvernance, la concertation et la compétitivité de la filière.
Issu d’un processus conduit sous l’égide de la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin (CNA-Bénin), le nouveau cadre interprofessionnel s’est doté d’un bureau consensuel, avec à sa tête Matthieu Sahui, élu président pour un mandat de cinq ans renouvelable.« C’est un réel plaisir pour moi d’avoir conduit ce processus jusqu’à terme », a-t-il déclaré.
Les objectifs de la création de l’Interprofession des Cultures Maraîchères
La création de l’ICM intervient dans un contexte de croissance soutenue du maraîchage au Bénin. D’après la Direction de la Statistique Agricole (DSA), la production nationale est passée de 675 188 tonnes en 2022-2023 à 717 365 tonnes en 2023-2024, confirmant l’importance économique et nutritionnelle de cette filière dans l’agriculture nationale.
Pour les partenaires techniques et financiers, cette évolution traduit la maturité progressive de la filière. « Tous les maillons de la chaîne de valeur sont désormais structurés et renforcés », a souligné Julie Billart Sogbossi, saluant une avancée majeure vers une meilleure organisation du secteur.
La naissance de l’ICM est le résultat de plusieurs mois de concertation entre producteurs, transformateurs et autres acteurs du maraîchage. Les assises de Dassa-Zoumé, qui ont duré deux jours, ont permis l’adoption des textes fondateurs et la désignation des instances dirigeantes, dans un climat de dialogue et de consensus.
Ce processus s’inscrit dans la dynamique nationale de réorganisation des filières agricoles, portée par la CNA-Bénin et son président, Imali Hermann Djetta, également à la tête du Comité national d’orientation en charge de cette réforme. Une démarche déjà mise en œuvre avec succès dans plusieurs filières, dont l’anacarde, le soja, le palmier à huile et le riz.
Conseil d’administration de l’ICM
Ainsi, à l’issue de l’assemblée constitutive, le Secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Maxime Gounsè, a procédé à l’installation officielle du conseil d’administration et de l’organe de surveillance de l’ICM. Il a invité les acteurs à maintenir l’esprit de concertation, condition essentielle au développement harmonieux de la filière.
« Il faut donc interagir entre ces deux organes pour que la filière puisse davantage grandir », a-t-il conclu.
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Élu à la tête de l’interprofession, Matthieu Sahui a présenté une vision axée sur le développement durable du maraîchage. Il a identifié trois priorités majeures : la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la mobilisation des ressources au profit des acteurs et de l’État.
Pour finir, parmi les défis à relever figurent l’harmonisation des unités de mesure, la régulation des prix et une meilleure gestion de la concurrence. Selon lui, l’ICM doit devenir un cadre fédérateur permettant aux producteurs et aux transformateurs d’apporter ensemble des solutions aux problématiques de la filière.
Vignon Justin ADANDE


