Le Liberia veut mettre en place un système de traçabilité des produits agricoles
Le nouveau Règlement européen sur la déforestation (EUDR) entrera pleinement en vigueur fin 2026. Ce règlement interdit l’importation dans l’Union européenne de produits comme le cacao, le café, le soja, l’huile de palme, le bois et la viande provenant de terres récemment déboisées.
Pour les pays exportateurs, cette nouvelle règle représente un véritable défi. C’est pourquoi, le Liberia souhaite instaurer un système national de traçabilité pour ses matières premières agricoles. Et déjà, l’Autorité de régulation des produits agricoles (LACRA) prépare une feuille de route pour mettre en place un Système national de traçabilité agricole. L’objectif est de suivre l’origine des produits, du champ jusqu’au marché, afin de prouver qu’ils ne proviennent pas de zones déforestées. L’initiative a été rendue le 23 janvier lors d’une réunion du Comité national de pilotage sur la traçabilité.
Selon les autorités, cette initiative est essentielle pour maintenir l’accès des produits libériens au marché européen. Le directeur général par intérim de la LACRA, Dan Saryee, a averti que si le pays ne respecte pas le règlement européen, plus de 30 % des produits agricoles risquent de ne pas trouver de débouchés et de pourrir dans les champs.
L’Union européenne est un marché clé pour le Liberia. Les exportations vers l’UE concernent principalement le cacao, ainsi que les huiles et graisses animales comestibles. D’après la Commission européenne, la valeur des importations agroalimentaires en provenance du Liberia est passée de 31 millions d’euros en 2020 à 118 millions d’euros en 2024, soit plus du triple en cinq ans. En 2024, le cacao représentait près de 61 % de ces importations.
La culture du cacao contribue à la déforestation
La question est d’autant plus sensible que la culture du cacao est accusée de contribuer à la déforestation. Dans un rapport publié en septembre 2025, l’ONG ivoirienne IDEF a alerté sur la destruction de forêts au Liberia au profit des plantations de cacao. Selon les données de la Liberia Land Authority citées dans ce rapport, près de 500 000 hectares de forêt primaire auraient été défrichés depuis 2020 dans le comté du Grand Gedeh pour la culture du cacao.
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D’autres filières comme le caoutchouc naturel et le bois, également liées à la déforestation, pourraient aussi être concernées par le règlement européen. Le principal défi pour les autorités libériennes est désormais de transformer cette feuille de route en un système de traçabilité opérationnel avant l’entrée en vigueur complète du règlement. Cela permettra au pays de préserver ses exportations vers l’Union européenne et de sécuriser les revenus de ses producteurs.
Vignon Justin ADANDE


