AGRICULTURE ET DECENRALISATION

les politiques agricoles prennent forme à travers l’action des communes

Les communes, motrices du développement rural ou simples relais administratifs ?

Les communes jouent un rôle central dans la réussite des politiques agricoles. En traduisant les orientations de l’État en actions concrètes, elles soutiennent les producteurs et favorisent le développement agricole local.

les politiques agricoles prennent forme à travers l’action des communes

Les politiques agricoles sont essentielles. Mais leur mise en œuvre au niveau communal l’est tout autant, sinon davantage. Car sans application concrète sur le terrain, elles ne peuvent pas produire les effets escomptés. C’est précisément ce rôle stratégique qu’assument les communes qui traduisent les orientations nationales en actions concrètes, tout en multipliant des initiatives louables pour accompagner les producteurs et renforcer leurs organisations.

En plus de ces réalités, elles s’engagent pleinement pour l’atteinte des objectifs fixés. Il importe donc de mettre en lumière ce rôle déterminant afin de montrer combien les communes travaillent sans relâche à la réussite des campagnes agricoles et à l’épanouissement des producteurs de leurs localités. Entre défis et contraintes, souvent multiples, une meilleure prise en compte par les partenaires techniques et financiers ainsi que par l’État contribuerait à renforcer durablement leur efficacité.

L’état commence et les mairies achèvent !

Sur le terrain, les politiques agricoles prennent forme à travers l’action des communes. Celles-ci s’appuient sur les grandes orientations tracées par l’État et les traduisent dans leurs plans de développement. L’objectif est de rester fidèle au cadre national tout en adaptant les priorités aux réalités locales.

Dans cette dynamique, le maire s’appuie sur le Conseil communal de suivi (CCOS), instance qu’il préside et qui l’accompagne dans la mise en œuvre des politiques publiques. « La mairie est un prolongement de l’État », confie Didier Kouandé Sounon, Maire de Kouandé. Il précise que la collectivité locale met en application l’ensemble des politiques définies au niveau central, notamment celles relatives au secteur agricole.

Ainsi, dans le cadre de leurs compétences communales, les mairies accompagnent les différentes filières agricoles et contribuent à la mise en œuvre des politiques publiques au niveau local. Elles jouent un rôle capital dans la mise à disposition de champs d’expérimentation et l’accès au foncier, facilitant ainsi le développement des activités agricoles sur leur territoire. « Dans tous les documents de planification, nous tenons compte de la planification globale de l’État », a laissé entendre l’autorité communale.

Des actions fortes pour faciliter la tâche aux producteurs

À Kouandé comme à Bembéréké, les mairies mettent en place des mesures concrètes pour faciliter le travail des producteurs et les soutenir dans leurs activités. À Kouandé, selon l’autorité communale, la mairie milite pour la création d’un centre d’achat d’intrants agricoles. Cette initiative permettrait de réduire les tracasseries des producteurs, qui doivent actuellement se rendre à Natitingou pour s’en procurer. Par ailleurs, la mairie s’efforce également d’encourager les producteurs à se regrouper en coopératives, car, d’après le maire, cette pratique n’est pas encore bien comprise ni pleinement adoptée par eux.

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Dans la continuité de leurs initiatives, les mairies de Bembéréké et de Kouandé se mobilisent sans relâche pour faciliter l’accès des producteurs aux crédits du FNDA, tout en veillant à ce que les magasins de stockage ne deviennent pas un obstacle pour leur activité. «Actuellement, nous avons près de 8 magasins en construction», a confié le maire de Kouandé, soulignant par ailleurs que de nombreux producteurs ont déjà bénéficié de l’accompagnement de la mairie.

Par ailleurs, dans la mise en œuvre de ces politiques agricoles, les mairies font face à d’importants défis. L’un des principaux obstacles concerne l’accès aux crédits du FNDA, dont les procédures, selon le maire, restent complexes pour les producteurs analphabètes. De plus, les institutions financières exigent des garanties et une capacité de remboursement que les producteurs ne possèdent souvent pas, limitant ainsi leur accès au financement.

Selon les autorités, la plupart des projets ne reflètent pas les réalités du terrain. C’est pourquoi elles appellent les partenaires et l’État à s’appuyer sur leurs documents de planification locaux, qui regorgent d’idées de projets pertinentes, mais encore trop peu mises en œuvre.

Il est important de souligner que l’intégration de ces recommandations, associée à une plus grande implication des mairies dans la mise en œuvre des projets, pourrait en renforcer significativement l’impact.

 

Aboubakar FAÏSSAL

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