Le Ghana exige la transformation locale
Le président ghanéen, John Dramani Mahama, exige que les entreprises exportant la noix de cajou brute installent des unités de transformation locales. L’objectif est de créer de la valeur ajoutée, de garantir des revenus équitables aux producteurs et de soutenir l’économie verte du pays.
Les entreprises étrangères opérant dans le commerce de la noix de cajou brute au Ghana sont désormais tenues d’implanter des unités de transformation sur le territoire ghanéen, sous peine de devoir quitter le marché. Cette décision a été annoncée par le président ghanéen, John Dramani Mahama, à l’occasion du Sommet et Salon inaugural sur l’investissement dans les cultures arboricoles.
Sommet et Salon inaugural sur l’investissement dans les cultures arboricoles
Organisé à Accra par l’Autorité de développement des cultures arboricoles avec l’appui de la Banque mondiale, l’événement est placé sous le thème : « Croissance durable par les investissements dans les cultures arboricoles : refonder et bâtir l’économie verte du Ghana ». À cette occasion, le chef de l’État a estimé que le modèle actuel prive à la fois les agriculteurs et l’économie nationale de bénéfices équitables.
D’après l’Agence de Presse Africaine, plusieurs médias locaux ghanéens considèrent que cette nouvelle orientation met fin à une pratique de longue date consistant à exporter des produits arboricoles non transformés tout en important des produits finis à des prix plus élevés. Dans son allocution, le président ghanéen a exhorté les partenaires exportateurs de cajou à investir dans le développement de capacités de transformation sur le sol ghanéen.
Il a exprimé le souhait de pouvoir se procurer des noix de cajou clairement identifiées comme produits du Ghana, plutôt que comme provenant de l’Inde ou d’autres pays tiers. Néanmoins, selon la même source, cette nouvelle orientation pourrait avoir des conséquences pour environ 890 000 acteurs de la filière cajou, en majorité de petits producteurs des régions de Brong Ahafo, Bono East et Savannah, qui tirent l’essentiel de leurs revenus de l’exportation de noix brutes destinées à la transformation.
Des objectifs aussi clairs que l’eau de roche
Le gouvernement ghanéen s’est fixé des objectifs précis. Selon le président, le pays vise un taux annuel de transformation locale de 50 à 60 % des produits arboricoles. Cette ambition sera soutenue par l’expansion des parcs agro-industriels, des incitations en faveur des transformateurs privés et un renforcement de la régulation par l’Autorité de développement des cultures arboricoles.
Lire aussi : EXPORTATIONS BENINOISES : Le coton propulse le Bénin vers les marchés asiatiques
Le président ghanéen a, de ce fait, relancé le Projet de diversification des cultures arboricoles. Ce programme, soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 200 millions de dollars, prévoit de distribuer des plants de cajou, d’hévéa et de cocotier à plus de 30 000 agriculteurs. Selon lui, 52 775 ménages en bénéficieront directement, tandis que 185 petites et moyennes entreprises recevront des subventions de contrepartie.
Il convient également de souligner que ce sommet, qui se déroule du 17 au 20 février 2026, a été l’occasion pour le président ghanéen d’annoncer sa volonté de rompre avec le modèle d’exportation de matières premières brutes, rappelant que l’exportation du cacao remonte à l’époque coloniale.
Aboubakar FAÏSSAL


