NOUVELLE CAMPAGNE RIZICOLE AU BENIN

Au Bénin, la préparation de la campagne rizicole prend une tournure décisive après une saison marquée par des pertes importantes surtout dans la commune de Grand-Popo. Face aux aléas climatiques et aux erreurs techniques, les producteurs sont appelés à mieux s’organiser pour réussir la prochaine saison rizicole.

Les producteurs adaptent leurs stratégies face à un climat imprévisible

Au Bénin, la préparation de la campagne rizicole prend une tournure décisive après une saison marquée par des pertes importantes surtout dans la commune de Grand-Popo. Face aux aléas climatiques et aux erreurs techniques, les producteurs sont appelés à mieux s’organiser pour réussir la prochaine saison rizicole.

Au Bénin, la préparation de la campagne rizicole prend une tournure décisive après une saison marquée par des pertes importantes surtout dans la commune de Grand-Popo. Face aux aléas climatiques et aux erreurs techniques, les producteurs sont appelés à mieux s’organiser pour réussir la prochaine saison rizicole.

La culture du riz exige une préparation rigoureuse, surtout dans un contexte où les conditions climatiques deviennent de plus en plus imprévisibles. La saison précédente a laissé des traces chez les producteurs. « Lors de la campagne passée, la pluie n’a pas été au rendez-vous. Elle est arrivée tardivement, provoquant en pleine production une poche de sécheresse inattendue à l’origine de lourdes pertes. Nous avons également observé une montée du fleuve Sazoué qui a inondé certains champs rizicoles », explique Emilie Koutchika, animatrice du Conseil de Concertation des Riziculteurs du Bénin, intervenant à Grand-Popo dans le cadre du projet Delta Mono.

Des progrès notés malgré une campagne difficile

Malgré ces contraintes, certains progrès ont été observés dans les pratiques culturales. À Lokossa, Dansou Cyrille, également animateur du CCRB, note une amélioration.

« La saison passée, il y a eu une progression des rendements, une meilleure utilisation des engrais organiques et l’introduction de plantes améliorantes qui renforcent la fertilité des sols », souligne-t-il. Selon Emilie Koutchika, les producteurs se préparent davantage pour la prochaine campagne. « Certaines localités de Grand-Popo ont déjà entamé le labour et le planage, mais attendent encore les pluies pour lancer les semis », précise-t-elle.

Lire aussi : GESTION DE L’EAU : Un levier stratégique pour créer 245 millions d’emplois

Cependant, plusieurs insuffisances continuent de freiner les performances. L’absence de calendrier cultural et le manque de planification financière demeurent des obstacles majeurs. « Beaucoup de producteurs ne tiennent pas de compte d’exploitation. Ils ne savent pas réellement quelle superficie ils peuvent exploiter. Lorsque les moyens viennent à manquer, ils abandonnent certaines parcelles déjà préparées, ce qui complique ensuite le désherbage », déplore Emilie Koutchika.

Les clés pour réussir la prochaine campagne rizicole

Pour réussir la campagne, certaines règles essentielles doivent être respectées. Le choix du site est primordial, car le riz ne s’adapte pas à tous les types de sols. Il est indispensable de bien préparer le terrain, notamment à travers le labour et le planage, afin de faciliter la gestion de l’eau. La mise en place de digues permet également de conserver l’eau plus longtemps dans les parcelles.

La qualité des semences constitue un facteur déterminant. « Nous recommandons l’utilisation de semences certifiées disponibles auprès des ATDA ou des producteurs semenciers. Après l’achat, il est important d’effectuer un test de germination. Si le taux dépasse 50 %, la semence est viable ; dans le cas contraire, elle ne doit pas être utilisée », insiste Emilie Koutchika.

Pour améliorer les rendements, Dansou Cyrille conseille d’intégrer des plantes améliorantes comme le haricot ou le soja et d’éviter de brûler les résidus de récolte. « Il vaut mieux les incorporer au sol afin d’enrichir la terre et d’augmenter la production », explique-t-il.

La gestion de l’eau dans la campagne rizicole

La gestion de l’eau reste un enjeu central. « Pas d’eau, pas de riziculture », rappelle Dansou Cyrille, qui encourage les producteurs à envisager des solutions durables comme les forages. Emilie Koutchika renchérit : « L’eau est la base de la riziculture », recommandant notamment l’aménagement de digues et la proximité de sources d’eau. L’utilisation des engrais doit également être maîtrisée.

Dans certaines zones, il est conseillé d’appliquer 200 kg de NPK et 100 kg d’urée à l’hectare. Pour limiter les pertes, le mélange avec l’huile de neem est recommandé. À Grand-Popo, la production biologique est privilégiée, avec un principe clair : aucun engrais chimique ni pesticide.

Enfin, les producteurs doivent anticiper plusieurs risques. « Il faut se préparer aux poches de sécheresse, à la baisse du prix du riz paddy sur le marché et à la transhumance dans certaines zones », alerte Dansou Cyrille.

La prochaine campagne rizicole ne se jouera pas uniquement dans les champs, mais aussi dans la capacité des producteurs à mieux s’organiser. Anticiper, planifier et appliquer les bonnes pratiques restent les conditions essentielles pour produire davantage et éviter de nouvelles pertes.

Innocent AGBOESSI

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