Des experts réunis à Dakar pour éviter de nouvelles intoxications massives
Face à la multiplication des crises alimentaires, des experts du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal sont réunis à Dakar pour renforcer la coordination régionale. Avec 91 millions de cas annuels de maladies liées à l’alimentation en Afrique selon l’OMS, la gestion des risques devient une priorité urgente.
Au Sénégal, plusieurs dizaines de personnes ont été intoxiquées après avoir consommé de la mayonnaise contaminée. Cet incident, comme d’autres alertes liées à du lait infantile contaminé, illustre la gravité des risques liés à l’alimentation et la rapidité avec laquelle ces crises peuvent se propager.
C’est dans ce contexte que Dakar accueille, du 30 mars au 1er avril 2026, un atelier régional réunissant des représentants du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal. Organisée avec l’appui de la FAO et de l’OMS, cette rencontre vise à renforcer le fonctionnement du réseau INFOSAN et à améliorer la gestion des alertes sanitaires entre les pays.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du problème. Selon l’OMS, l’Afrique enregistre chaque année 91 millions de cas de maladies d’origine alimentaire pour 137 000 décès. Le continent perd également entre 5,7 % et 7,1 % d’années de vie en bonne santé à cause des maladies diarrhéiques liées à l’alimentation ou à l’eau, contre 4,1 % dans le reste du monde.
Les systèmes nationaux présentent plusieurs limites. La FAO relève des inspections insuffisantes, des réglementations parfois inadaptées aux nouveaux risques et une forte présence de l’alimentation de rue sans encadrement sanitaire strict. Le manque d’information des consommateurs et l’intensification des échanges commerciaux augmentent également les risques de contamination.
Pour le professeur Amadou Diop, président du Comité national du Codex Alimentarius du Sénégal, la circulation rapide de l’information reste un élément clé. Une alerte transmise à temps permet d’anticiper les crises et de réduire leur impact sur les populations.
L’atelier met l’accent sur des actions concrètes. Les participants travaillent à améliorer les procédures de notification entre les États, à clarifier les rôles des acteurs impliqués et à renforcer les liens entre les points focaux du réseau INFOSAN. La communication sur les risques, souvent négligée, est également au cœur des discussions.
À travers cette initiative, les pays concernés cherchent à mieux anticiper les crises et à protéger les populations. Une coordination renforcée apparaît désormais comme une réponse essentielle face à des risques alimentaires de plus en plus fréquents et complexes.
Innocent AGBOESSI


