CAMPAGNE AGRICOLE 2026-2027

Nourrir la Guinée avec ses propres ressources » : découvrez comment Conakry structure sa campagne agricole 2026-2027 pour atteindre la souveraineté alimentaire.

Conakry lance l’offensive de l’autosuffisance

À l’ouverture de la campagne agricole 2026-2027, Conakry affiche une ambition claire. Le pays s’engage à rompre avec la dépendance alimentaire et repositionner l’agriculture comme moteur de souveraineté économique. Tout est mobilisé pour la réussite de cette campagne bien que cette réussite dépendra de la capacité à transformer l’essai sur le terrain.

Nourrir la Guinée avec ses propres ressources » : découvrez comment Conakry structure sa campagne agricole 2026-2027 pour atteindre la souveraineté alimentaire.

 

Des ambitions affirmées, des moyens mobilisés et un cap politique assumé. C’est du moins ce qu’il faut retenir quant au lancement de la campagne agricole 2026-2027 en Guinée Conakry. Les 7 et 8 avril 2026 marquent ainsi bien plus que le lancement d’une nouvelle campagne agricole.

Ayant pour leitmotiv «Nourrir la Guinée avec ses propres ressources», les autorités posent les jalons d’une transformation structurelle du secteur agricole longtemps confronté à des contraintes de productivité, d’organisation.

Une relance ciblée des filières à fort potentiel

Au cœur de cette stratégie, la revitalisation des cultures de rente apparaît comme un levier majeur. La filière coton, autrefois pilier économique dans plusieurs préfectures du pays, amorce un retour progressif. L’appui en intrants, soit 2 000 tonnes d’engrais NPK et la mécanisation, à travers la mise à disposition de motoculteurs, traduisent une approche pragmatique.

En effet, ces initiatives témoignent indirectement de la volonté du gouvernement guinéen à améliorer les rendements tout en réduisant la pénibilité du travail agricole. Dans le même élan, les cultures industrielles telles que le palmier à huile et l’hévéa bénéficient d’une planification rigoureuse.

Les projections de production, associées à l’extension des superficies cultivées, indiquent en substance une volonté d’inscrire ces filières dans une logique de chaîne de valeur, allant au-delà de la simple production brute pour viser la transformation locale.

Une politique d’intrants pour booster la productivité

L’un des marqueurs forts de cette campagne réside dans la mobilisation sans précédent d’intrants agricoles. Près de 50 000 tonnes d’engrais notamment NPK et urée puis des centaines de milliers de litres d’herbicides sont déployés.

C’est plus qu’une offensive pour corriger avec efficacité, l’un des principaux handicaps de l’agriculture guinéenne dont les faibles rendements qui sont liés à une utilisation limitée d’intrants de qualité. À cela s’ajoute la mise en place d’un réseau officiel de distributeurs, avec des prix encadrés. Une approche intelligente qui constitue également une tentative de régulation d’un marché qui souvent pourrait être caractérisé par la spéculation et la contrefaçon.

L’agriculture familiale au centre des initiatives

Avec un objectif d’accompagnement de 1,5 million de producteurs, l’État guinéen fait le pari de l’agriculture familiale comme socle de la sécurité alimentaire. Cette orientation est stratégique et reconnaît le rôle central des petits exploitants dans l’approvisionnement des marchés locaux. Parallèlement, l’émergence de 100 agriculteurs champions traduit une volonté de créer des modèles de réussite capables d’entraîner le reste du secteur.

MOBILISATION POUR LE DUO WADAGNI-TALATA

Toutefois, si les annonces traduisent une vision cohérente, leur mise en œuvre constitue le véritable test. La distribution effective des intrants, l’entretien des équipements, l’encadrement technique des producteurs et l’accès aux marchés restent des points critiques. À cela s’ajoutent des enjeux transversaux tels que l’état des infrastructures rurales, le financement agricole la résilience face aux aléas climatiques.

Par ailleurs, en filigrane, cette campagne agricole s’inscrit dans une dynamique plus large observée à l’échelle africaine. Il s’agit de la quête de souveraineté alimentaire. Pour la Guinée, riche en ressources naturelles mais encore dépendante des importations alimentaires, l’enjeu est double. Il reviendra au pays du général Mamady Doumbouya de non seulement nourrir sa population mais aussi d’en faire une créer valeur économique.

En revanche, les femmes, reconnues pour leur sens stratégique en matière de gestion, laissent espérer des résultats concrets sous la direction de l’actuelle ministre de l’Agriculture, Aminata Kaba, dont l’expérience est un atout majeur. Toutefois, les Guinéens attendent avant tout des retombées tangibles sur le terrain.

Aboubakar FAÏSSAL

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