Le FNAAB trace les contours d’une transformation des systèmes alimentaires
Réunis à Lomé depuis le 7 avril 2026, les acteurs clés du secteur agricole togolais et leurs partenaires internationaux participent à la première édition du Forum National sur l’Agroécologie et l’Agriculture Biologique (FNAAB). L’objectif est de faire de l’agroécologie, un levier concret de transformation des systèmes alimentaires et de développement durable.
À Lomé, la dynamique en faveur d’une agriculture durable franchit une nouvelle étape. Depuis le 7 avril 2026, la capitale togolaise accueille la première édition du FNAAB. Un rendez-vous stratégique qui se tient jusqu’au 9 avril dans un hôtel de la capitale togolaise.
Placé sous le thème «L’agroécologie et l’agriculture biologique comme leviers de la transformation des systèmes alimentaires», l’événement ambitionne de repositionner les pratiques agricoles au cœur du développement durable.
Porté par une coalition d’acteurs engagés notamment la CTOP, le RÉNAAT, l’ANABIO et l’OADEL sous le haut parrainage du ministère en charge de l’agriculture, le forum bénéficie du soutien de partenaires internationaux tels que la coopération allemande via la GIZ, l’Union européenne et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Il réunit près de 250 participants issus d’horizons variés notamment des organisations paysannes, institutions publiques, chercheurs, secteur privé, jeunes, femmes et médias. Durant trois jours, le FNAAB se présente comme un espace de réflexion, de partage et de co-construction.
Panels de haut niveau, ateliers thématiques, tables rondes participatives et expositions rythment les travaux. De même, une foire dédiée aux produits agroécologiques et biologiques met également en lumière les innovations locales, tandis que des sessions spécifiques accordent une place importante à l’inclusion des jeunes et des femmes dans les dynamiques agricoles.
Au-delà des discussions, les enjeux sont clairement définis. Il est question de renforcer l’engagement politique en faveur de l’agroécologie, valoriser les initiatives existantes, améliorer la coordination entre acteurs et identifier des mécanismes de financement adaptés. Le forum entend aussi faciliter l’accès à de nouveaux marchés pour les produits issus de pratiques durables.
Mais plus qu’un simple cadre d’échanges, le FNAAB s’inscrit dans une logique d’action. Il marque une étape décisive dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement de l’Agroécologie et de l’Agriculture Biologique (SNDAAB). L’adoption attendue d’une déclaration finale et d’une feuille de route post-forum devrait permettre de traduire les ambitions en engagements concrets.
L’agroécologie redessine l’avenir agricole
Au-delà de l’effet d’annonce, une telle initiative pourrait sans aucun doute marquer un véritable tournant pour l’agriculture africaine si les engagements sont suivis d’actions concrètes.
En réunissant à Lomé l’ensemble des acteurs de la chaîne notamment des producteurs, décideurs publics, partenaires techniques et financiers, le forum crée ainsi les conditions d’une meilleure coordination, souvent défaillante dans les politiques agricoles.
L’accent mis sur l’agroécologie implique un pas de plus vers des systèmes de production moins dépendants des intrants chimiques, plus résilients face aux chocs climatiques et économiquement viables pour les petits exploitants.
De plus, l’identification de mécanismes de financement adaptés et l’ouverture à de nouveaux marchés peuvent améliorer durablement les revenus agricoles, tout en répondant à une demande croissante pour des produits sains.
Enfin, l’inclusion des jeunes et des femmes dans ces dynamiques pourrait renouveler le tissu agricole et freiner l’exode rural qui depuis des années, vident les pays de leurs jeunes. À cet effet, si la feuille de route annoncée est effectivement mise en œuvre, ce type d’initiative pourrait ainsi transformer en profondeur les systèmes alimentaires.
Toutefois, à travers cette initiative, le Togo affirme sa volonté de faire de l’agroécologie un pilier de sa souveraineté alimentaire et un moteur de développement durable, dans un contexte où les défis climatiques et économiques imposent une transformation profonde des systèmes agricoles.
Aboubakar FAÏSSAL


