Pourquoi les prix restent élevés au Bénin ?
Alors que les prix du riz enregistrent une baisse de 3% au niveau mondial en mars 2026 selon la FAO, les marchés béninois ne montrent toujours aucun signe de baisse. Les données récentes de l’INStaD confirment que les prix restent stables dans plusieurs villes du pays. Entre dépendance aux importations, lenteur dans la transmission des prix et charges internes élevées, la baisse mondiale n’arrive pas encore jusqu’aux consommateurs béninois.

D’après le dernier bulletin hebdomadaire de l’INStaD publié le 2 avril 2026, les prix du kilogramme de riz long restent les mêmes dans plusieurs grandes villes. À Cotonou, le prix est de 591 FCFA, à Porto-Novo 595 FCFA, à Parakou 654 FCFA, à Bohicon 583 FCFA, à Natitingou 546 FCFA et à Lokossa 541 FCFA. Aucune variation n’a été enregistrée pendant la période observée.En moyenne , le prix tourne autour de 585 FCFA et confirme que le marché du riz au Bénin dépend beaucoup des circuits d’approvisionnement et des coûts de transport.
Qu’est ce qui explique cette situation ?
La première raison serait la forte dépendance du Bénin aux importations. Le riz reste le produit le plus importé, avec plus de 428 milliards de FCFA en 2024 selon l’INStaD. Cette dépendance fait que le marché local ne réagit pas rapidement aux changements des prix internationaux.
La deuxième cause est la lenteur dans la transmission des prix. Une étude de la BCEAO montre que les variations des prix mondiaux du riz mettent en moyenne dix mois avant d’être visibles dans les marchés de l’UEMOA. Les stocks déjà achetés, les contrats en cours et l’organisation du commerce ralentissent les effets des baisses internationales.
La troisième cause concerne les coûts internes. Même si le prix du riz baisse à l’international, les frais liés au transport, au stockage et à la distribution maintiennent les prix élevés sur les marchés locaux. La hausse du coût de l’énergie aggrave encore cette situation.
Enfin, la production locale reste insuffisante pour influencer les prix. Malgré les efforts, la production nationale ne couvre pas toute la demande, ce qui maintient la dépendance aux importations.
Des répercussions énormes sur la population
Pour les ménages, les conséquences sont directes. Le pouvoir d’achat reste faible. Le riz étant un aliment de base, son prix stable à un niveau élevé limite la consommation des familles, surtout en milieu urbain.
Il faut noter que sur le plan économique, cette situation rend le pays plus vulnérable. Le marché reste exposé aux chocs extérieurs comme les variations des prix internationaux, les coûts du transport maritime ou les fluctuations des monnaies.
Ce décalage crée aussi de la frustration chez les consommateurs. La baisse mondiale, largement annoncée, ne se voit pas concrètement dans les assiettes et donne une impression d’injustice économique.
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Plusieurs solutions peuvent être envisagées
La première solution est de renforcer la production locale de riz. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter les quantités, mais aussi d’améliorer la transformation et la qualité pour rendre le riz local plus compétitif dans les villes.
La deuxième solution concerne l’amélioration des circuits de distribution. Réduire les coûts logistiques permettrait de faire baisser les prix plus facilement sur les marchés locaux.
D’autre part, il faut veiller à une meilleure régulation du marché. Un suivi sérieux des prix et plus de transparence dans les circuits commerciaux pourraient limiter certaines marges élevées et faciliter la baisse des prix. Enfin, la diversification alimentaire peut aider. Encourager la consommation d’autres produits locaux peut réduire la pression sur le riz et renforcer la sécurité alimentaire des ménages.
Innocent AGBOESSI

