Le plan du Burkina pour atteindre 20 000 tonnes par an d’ici à 2030
Dans sa quête d’optimisation de la chaîne de valeur dans la filière anacarde, le Burkina Faso s’attaque à un pan longtemps négligé. Il s’agit de la pomme de cajou. Encore peu exploitée malgré son abondance, elle représente désormais un levier important pour le développement économique et la réduction des pertes post-récolte.
C’est dans un entretien accordé au quotidien Siwaya le 1er juin 2025, que le directeur général du Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF), Ouémihié Clément Attiou, a annoncé que le pays ambitionne de transformer annuellement jusqu’à 20 000 tonnes de pommes de cajou d’ici à 2030. Cette orientation stratégique entre dans le cadre de la deuxième phase de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde (SNDFA), qui couvrira la période 2025-2029.
Une première concrétisation de cette politique a déjà vu le jour. Le 22 mai dernier, les autorités ont officiellement lancé à Péni, dans la région des Hauts-Bassins, les travaux de construction d’une unité de transformation dédiée à la pomme de cajou. Dotée d’un budget de 11,5 millions de dollars, cette unité aura la capacité de traiter 5 000 tonnes de pommes par an, produisant divers dérivés comme le jus, l’éthanol, le vin et le vinaigre.
Pour accompagner cette dynamique, le gouvernement envisage l’extension du modèle à d’autres régions à fort potentiel de production de cajou, notamment le Sud-Ouest et le Centre-Ouest, où des études de faisabilité sont en cours.
Jusqu’ici, l’accent avait été mis sur la transformation des noix de cajou, laissant de côté la pomme, pourtant plus volumineuse. Selon une étude menée en 2019 par le CEFCOD (Centre d’étude, de formation et de conseil en développement), le Burkina Faso produirait annuellement plus de 400 000 tonnes de pommes de cajou, dont la grande majorité est gaspillée faute d’infrastructures adaptées.
En valorisant ce sous-produit, le pays espère non seulement accroître la rentabilité de la filière anacarde, mais aussi créer des emplois, stimuler l’économie rurale et réduire les pertes agricoles. Un pari ambitieux, mais porteur d’avenir pour le secteur agro-industriel burkinabè.
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Justin ADANDE