ASSAINISSEMENT DANS LA GESTION DES CAR

« De 400 millions à 2 milliards de FCFA, les actions du gouvernement commencent par porter… », Nouhoun Abdel Rachid

Les coopératives d’aménagement agricoles constituent la base de la production et d’un bon rendement au Bénin. Parfois, elles sont confrontées à des difficultés auxquelles le gouvernement par le biais de la Direction de la Législation Rurale, de l’Appui aux Organisations Professionnelles et à l’Entrepreneuriat Agricole (DLROPEA) apporte des solutions. Dans cette interview, Nouhoun Abdel Rachid se prononce sur la gestion des Coopératives d’Aménagement agricoles au Bénin.

Stag Watson SAMA

Qu’est-ce qu’une coopérative d’aménagement agricole ?

Il faut remonter dans le temps car les coopératives agricoles d’aménagement rural sont nées au lendemain des indépendances à la faveur de la loi 6126 portant sur les modalités de création et de mise en place des coopératives d’aménagement agricole. Cette loi a été mise en place dans le souci de faire en sorte qu’il ait une promotion de la filière palmier à huile dans l’écosystème du Sud Bénin. Il y avait eu une territorialisation de la production agricole et la partie méridionale devrait bénéficier de palmier et donc ces coopératives ont été mises en place sous l’initiative de l’Etat.

Quel est le rôle de la DRLOPEA dans la gestion des coopératives d’aménagement agricole ?

Ces coopératives étaient par le passé des coopératives sous l’initiative de l’Etat et il y avait déjà au ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, la Direction de la législation rurale destinée à suivre un peu ces coopératives. La DLROPEA s’occupe du suivi de fonctionnalités des coopératives, de l’appui conseil à ces dernières et également assure une meilleure qualité dans la gestion des espaces de ces coopératives.

Quelles sont les mesures prises par la DLROPEA pour la création et la gestion efficace des coopératives d’aménagement agricole au Bénin ?

Pour apprécier l’intervention de la direction, il faudra faire recours au Maep. L’Etat a pris l’initiative de mettre en place ces coopératives pour faire la promotion du palmier à huile. Et donc, avant les années 90, la SONADAR s’occupait de la gestion de ces coopératives. À partir des années 90, l’État s’est désengagé et a confié la gestion aux propriétaires terriens dont les parcelles avaient été déclarées d’utilité publique pour la mise en place des plantations. Ils ont donc assuré la gestion de ces coopératives jusqu’en 2006 avec le début de crise en 2007. Par la suite, les crises se sont exacerbées avec des difficultés de renouvellement des membres à la tête des conseils d’administration. D’où l’intervention de l’Etat en 2013 qui n’a pas pu aller au bout de ses efforts. Mais, l’avènement du nouveau gouvernement a permis de trouver les solutions idoines.

Quel est l’objectif d’une coopérative d’aménagement agricole ?

L’objectif de ces coopératives se trouve à trois niveaux. Sur le plan national, elles participent à l’amélioration des recettes de l’Etat en termes de devise. De même, elles contribuent à la création d’emploi à travers ces usines. Au niveau local, elles constituent une source de production de richesse au sein des collectivités avec des taxes de développement qui sont collectées par la commercialisation de ces produits. Beaucoup de personnes sont concernées par la vie de ces coopératives et près de 20000 personnes sont concernées sur les 36 CAR.

Quelles sont les actions menées aux plans structurel et fonctionnel au niveau des coopératives agricoles d’aménagement rural ?

L’Etat a mis en place une feuille de route de sortir de crise. Elle a permis dans un premier temps d’identifier les descendants des coopérateurs initiaux afin de reconstituer les listes initiales. Ensuite, l’Etat a accompagné à l’organisation des premières assemblées générales pour les élections des conseils d’administration. Après cet élément, il y a eu des renforcements de capacités car ce sont des personnes qui ne maîtrisent pas le rouage. Les pépinières ont été délocalisées et renouvelées à l’aide du CRAPP de Pobè avec l’appui du Maep. Il y a également eu un plan qui a été fait et les pépinières ont été délocalisées sur les CAR et les coopérateurs ont été formés à la production des plantes. Il y a eu également des règles de transparence mises en place par le Maep afin que le processus de commercialisation soit fluide et la formation des coopérateurs sur le processus de passation de marchés pour pouvoir retenir des acquéreurs compétents par rapport à la commercialisation des noix de palme. L’Etat a accompagné ces coopératives au recrutement de personnelle technique.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les coopératives d’aménagement agricole au Bénin et comment peuvent-elles être résolues ?

Ce sont de nouvelles structures et de nouveaux responsables à la tête et qui n’ont pas forcément l’expérience requise. Alors, des erreurs sont notées avec la résilience d’anciens comportements. Les détournements commencent par apparaître et de plus en plus la baisse est constatée en termes de productivité. Il faut donc faire en sorte que les coopérateurs dont les terres ont été prises dans le cadre de l’aménagement puissent avoir des retours puisqu’ils ne sont pas expropriés. C’est une déclaration d’utilité publique donc à la faveur de cela, ils reçoivent des loyaux de terre. Si les rendements sont améliorés, c’est pour que les loyaux de terre puissent être améliorés.

Certains disfonctionnements ont été constatés dans la gestion des CAR ces dernières années, quelles sont aujourd’hui les mesures mises en place pour une bonne gestion des coopératives d’aménagement agricoles au Bénin ?

Les problèmes d’aujourd’hui sont mineurs contrairement par le passé parce que la paix a été retrouvée. Cependant, il y a toujours certains problèmes par rapport à la gestion qui persistent. Donc les renforcements de capacités et les séances de coaching sont organisés pour pallier ces manquements. Des accompagnements entrant dans le cadre de renouvellement des coopérations et de la mise en place de nouvelles plantations. Il y a d’autres spéculations qui peuvent aussi produire de la richesse notamment les noix de coco, l’ananas etc.

Votre mot de la fin

L’Etat est dans un mode d’accompagnement pour ces coopératives qui sont devenues des coopératives régies par l’acte de forme de l’OHADA et également par les anciens textes. Dans les directives de l’OHADA, ces coopératives sont de plus en plus amenées à s’auto gérer mais l’État aussi doit continuer par les appuyer. Car l’effort d’accompagnement entamé a amené le verdissement et produit de richesse. Le cumul des 36 CAR était au niveau de 400 millions mais aujourd’hui ces CAR brisent un chiffre d’affaires autour de 2 milliards et demi. Les choses se sont améliorées et le reste est l’accompagnement, la gestion et que les bénéfices issus de la gestion puissent retomber sur tous les coopérateurs.

Propos recueillis et transcrits par : Stag Watson SAMA

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