BILAN AGRICOLE DANS LE PDA 7

Entre 2016 et 2024, le département de l’Atlantique s’est imposé comme l’un des territoires agricoles les plus performants du Bénin.

Le département de l’Atlantique en tête des performances depuis 2016

Entre 2016 et 2024, le département de l’Atlantique s’est imposé comme l’un des territoires agricoles les plus performants du Bénin. L’analyse des données disponibles met en évidence une dynamique de croissance soutenue, portée par une combinaison de facteurs structurels : spécialisation territoriale, investissements publics massifs et réformes de gouvernance agricole. En tant que département clé du Pôle de Développement Agricole 7 (PDA 7), l’Atlantique apparaît aujourd’hui comme un espace laboratoire de la transformation agricole nationale.

Entre 2016 et 2024, le département de l’Atlantique s’est imposé comme l’un des territoires agricoles les plus performants du Bénin.

Une réorientation vers les filières végétales à forte valeur économique

L’évolution des productions végétales révèle une orientation claire vers les filières à fort potentiel économique. La hausse de 80 % de la production d’huile rouge entre 2016 et 2024 illustre la relance de la filière palmier à huile, soutenue par l’amélioration du matériel végétal, l’accès aux intrants et le développement d’unités de transformation. La filière ananas constitue toutefois le pilier central de cette dynamique, avec une progression de 66 % de la production sur la période.

Le plateau d’Allada, épicentre de la production nationale d’ananas

Le plateau d’Allada joue un rôle déterminant dans cette performance, assurant à lui seul environ 95 % de la production nationale d’ananas. Cette concentration productive n’est pas fortuite. Elle repose sur une spécialisation territoriale assumée, renforcée par la reconnaissance internationale de la variété « Pain de sucre » et par son label d’indication géographique. À côté de ces cultures de rente, les filières vivrières connaissent également une progression notable. La production de riz s’est accrue de 158 %, traduisant les effets des aménagements hydro-agricoles et de la diffusion de semences améliorées. Les cultures maraîchères, notamment l’oignon et le gombo, enregistrent des croissances respectives de plus de 80 % et de plus de 300 %, confirmant l’essor d’une agriculture de proximité tournée vers les marchés urbains.

Une diversification progressive des filières animales à forte rentabilité

Par ailleurs, l’analyse des performances animales met en lumière une diversification progressive des systèmes d’élevage dans le département. Les croissances spectaculaires observées chez les ovins (+187 %) et les porcins (+175 %) traduisent un intérêt croissant pour les filières à cycle court et à forte rentabilité. Les bovins (+29 %), caprins (+17 %) et volailles (+4 %) affichent des progressions plus modérées, mais témoignent d’un renforcement global du sous-secteur animal.

Ces résultats sont le fruit d’un appui soutenu en intrants zootechniques, en reproducteurs, en aliments subventionnés et en campagnes de vaccination. Ils contribuent à la fois à l’amélioration des revenus des ménages agricoles et au renforcement de la sécurité alimentaire, en diversifiant les sources de protéines animales disponibles sur les marchés locaux.

Politiques publiques et investissements structurants

Au-delà des chiffres, les analyses mettent en évidence le rôle central des réformes institutionnelles engagées depuis 2017. La territorialisation de la politique agricole, évoquée par le Directeur adjoint de cabinet du MAEP, Innocent Togla, constitue un tournant décisif. En faisant des potentialités locales le socle de l’action publique, cette réforme a permis une meilleure cohérence entre planification, financement et besoins réels des producteurs.

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3 ANS DE MISE EN ŒUVRE DU PRIMA

Dans le département de l’Atlantique, cette approche se traduit par la mise en œuvre d’une trentaine de projets et programmes, dont 19 publics, couvrant les filières végétales, animales et halieutiques. Le Fonds national de développement agricole (FNDA) y a financé 3 851 projets pour un montant de 15,68 milliards de FCFA, soit 38 % des projets enregistrés au plan national. Les investissements réalisés en infrastructures de production, de transformation, de stockage et de commercialisation traduisent une volonté claire de créer de la valeur ajoutée locale et de réduire les pertes post-récolte.

Sous la coordination du Pôle de Développement Agricole 7, dirigé par Prospère Agossou Sagbo, le département de l’Atlantique se positionne comme un laboratoire de la politique agricole béninoise. L’analyse des performances montre que la croissance observée ne repose pas uniquement sur l’augmentation des volumes produits, mais sur une transformation plus profonde des systèmes agricoles. Le défi à moyen terme sera de consolider ces acquis, d’améliorer la productivité des filières moins dynamiques et d’assurer la durabilité environnementale et économique de cette trajectoire de développement.

Jean-Baptiste HONTONNOU

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