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Agriculture

COOPERATIVE SCOMAC: Un outil pour la réduction des difficultés des producteurs

Sur le site maraîcher de Cadjèhoun /Onip sont installés des producteurs de tous horizons regroupés en une coopérative dénommée la SCOMAC. Née depuis les années 1980, cette coopérative mise en place se veut être un moyen d’entraide et de soutien pour les producteurs.

Par Laure S. LEKOSSA.

Dans plusieurs villes africaines où le taux d’accroissement démographique est en moyenne de 4%, la malnutrition protéino-énergétique sévit en permanence dans les milieux assez pauvres. Des méthodes alternatives de production et des sources complémentaires d’aliments sont requises pour améliorer l’état nutritionnel des populations. La production maraîchère semble se prêter à relever ce défi. Ainsi, depuis plus d’une décennie, l’agriculture maraîchère se développe dans plusieurs capitales et villes africaines. Au Bénin, les agriculteurs dans l’évolution de leurs activités individuelles, sont exposés à de nombreuses difficultés ; entre autres les problèmes liés aux techniques et méthodes de production, à la gestion inefficace des problèmes liés à la commercialisation de leurs produits. Et c’est justement pour réduire un tant soit peu ces problèmes, que ceux -ci se regroupent pour mettre en place des coopératives. Ceux-ci, ont pour but de permettre aux agriculteurs d’investir pour pouvoir mieux vendre et mieux transformer les produits agricoles et d’être aussi plus forts ensemble. C’est le cas du site maraicher de cadjèhoun ONIP (Cotonou). Sur ce site les maraîchers sont regroupés en une coopérative dénommée SCOMAC (Société Coopérative des Maraîchers de Cadjèhoun). Rencontré sur le site à Cadjèhoun, Sylvestre Djakpo, président du site du SCOMAC de Cadjèhoun /ONIP nous fait la genèse de cette coopérative. « Cette coopérative est née dans les années 1980. Nous avions d’abord commencé avec la pré -coopérative et dans les années 1995, nous avons obtenus notre agrément au Carder aujourd’hui, l’on ne parle plus de Carder mais de la DDEAP. Ce sont eux qui nous encadrent dans nos diverses activités ».

Sur ce site, sont produits un peu de tout comme des laitues, des choux, des concombres, des légumes, de la carotte, de l’amarante. Pour le président du SCOMAC, cette coopérative est mise en place pour l’évolution des activités de maraîchage du site. « Nous avions mis en place cette coopérative pour mieux travailler ensemble et mieux évoluer dans cette activité de maraîchage; pour qu’ensemble nous puisons partager nos difficultés, et s’entraîner pour aller de l’avant ». Sa constitution correspond à la mise en commun de capitaux d’exploitants agricoles, à la combinaison d’une entreprise et d’une association de personnes qui forment cette entreprise commune pour leur propre usage, et qui en deviennent les sociétaires et les utilisateurs. Leur développement répond ainsi à un ensemble d’objectifs, dont celui de rétablir un certain équilibre dans les relations commerciales. Par le principe de double engagement, l’essentiel du bénéfice de l’activité de la coopérative est redistribué aux exploitants à travers les prix, après rémunération des emprunts. Ainsi, en détenant leur outil de commercialisation ou de transformation, ils peuvent s’approprier une plus grande part de la valeur ajoutée issue de leurs produits, tout en participant à la construction de leurs débouchés. Bon nombre de maraîchers voient leurs conditions de vies et celles de leurs familles améliorer à partir des revenus du maraîchage. « La SCOMAC a ses membres qui travaillent en commun accord, nous cotisons de l’argent pour faire fonctionner notre coopérative. Dans nos actions, nous octroyons des crédits et engrais organiques aux producteurs membres de la coopérative. Nous leurs octroyons aussi des ristournes à la fin de l’année. Que tu sois membres du SCOMAC ou non, tout le monde bénéficie de nos actions; tous les producteurs. La coopérative dispose des commissaires aux comptes qui représentent pour elle des gendarmes, ce sont eux qui veillent sur la santé financière de la coopérative. Aussi nous ne nous amusons pas. Si tu agis mal ou si tu fais quelque chose de mal, tu es sévèrement sanctionné. Chez nous, on ne fait pas de zig -zag si on voit que tes actions ne sont pas conformes aux visions de la coopérative, on te change. Donc nous avons des membres qui sont responsabilisés au niveau de chaque niveau pour le bien -être de la coopérative. C’est la rigueur, la discipline, la fraternité et le travail bien fait qui règnent au sein de cette coopérative. » a-t-il ajouté. Pour devenir membre de cette coopérative poursuit-il, il faut d’abord être un producteur ensuite, écrire une lettre de demande d’adhésion adressé au bureau. Ce n’est qu’après cela que le bureau organise une Assemblée Générale qui permettra d’étudier la part sociale de l’adhérant et ordonner son adhésion. La part sociale est à 15.000f et l’adhésion à 1000 Fcfa. Dans la mise en œuvre de ces actions, cette coopérative a reçu le soutien de plusieurs projets et programmes.

« Nous avions eu des soutiens au niveau du CARDER à travers des partenaires qui nous appuient en nous apportant des graines, des engrais organiques, des fongicides. Il y a le projet Green qui nous a offert un panneau solaire. Avec ce projet, nous avions eu à organiser beaucoup de formations à l’endroit des producteurs sur l’agriculture, les techniques de productions sur les modes de gestions de nos ressources. Ce projet a déjà pris fin et actuellement, c’est le projet PADMA qui en cours et qui nous a déjà accompagnés avec beaucoup d’équipement. » Comme toute coopérative, la SCOMAC est aussi confronté à de nombreuses difficultés « La plus grande difficulté que nous avons ici, c’est que le terrain sur lequel nous produisons appartient à l’état et ce qui est l’état ne t’appartient pas ; en plus de ça, nous avons des problèmes d’inondations ; à chaque fois qu’il pleut ; le site est complètement inondé. Nous travaillons 07 mois sur les 12. Parfois il y a aussi la mévente mais on se débrouille quand même » a souligné le président du SCOMAC.

Pour accéder davantage à de meilleurs rendements et à une parfaite évolution, Sylvestre Djakpo lance cet appel au gouvernement « Nos cris de cœur iront directement à l’endroit du gouvernement parce que aujourd’hui nous sommes de jeunes déscolarisés qui n’ont pas pu être à l’école mais qui veulent faire du maraîchage, mais il n’y a pas de terre pour exercer l’activité. Nous demandons au gouvernement de nous aider surtout pour le problème de manque de terre. Si tu n’as pas des parents qui ont des terres au village, même si tu as la volonté, tu ne pourras rien faire. Aujourd’hui, l’agriculture est motorisée, ce n’est plus archaïque comme les années antérieures, nous demandons aussi que le gouvernement nous aide quant aux équipements. Nous souhaitons que le gouvernement pense à nous en nous trouvant un bon site de maraîchage pour nos activités parceque les producteurs avec qui nous sommes sont fiers de notre organisation et nous menons aussi des actions à l’endroit de ceux qui ne sont pas membres ; que le gouvernement pense sérieusement à nous parceque sans nous, pas de développement » notifie Jean Yao secrétaire exécutif du SCOMAC.

Notons que les situations économiques difficiles, l’influence d’organisations professionnelles et de courants politiques, ainsi que l’intervention publique, par le biais d’incitations juridiques et financières, comptent aussi parmi les principaux facteurs de développement des coopératives agricoles.

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