CRISE DU CACAO

La Côte d’Ivoire vient d’annoncer un nouveau prix d’achat bord champ fixé à 1 200 francs CFA le kilogramme pour la campagne intermédiaire 2025-2026.

La chute du prix bord champ secoue la Côte d’Ivoire et interroge la stratégie du Ghana

La crise du cacao s’intensifie en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire vient d’annoncer un nouveau prix d’achat bord champ fixé à 1 200 francs CFA le kilogramme pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Cette décision, prise dans un contexte d’effondrement des cours mondiaux du cacao, provoque une onde de choc dans la filière cacao. Entre stocks invendus, inquiétudes des producteurs et différences de stratégie avec le Ghana, la crise du cacao soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir de l’économie cacaoyère dans la région.

La Côte d’Ivoire vient d’annoncer un nouveau prix d’achat bord champ fixé à 1 200 francs CFA le kilogramme pour la campagne intermédiaire 2025-2026.

La filière cacao traverse une période particulièrement agitée en Afrique de l’Ouest. La crise du cacao s’est intensifiée après l’annonce du nouveau prix d’achat bord champ en Côte d’Ivoire pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Désormais fixé à 1 200 francs CFA le kilogramme, ce prix représente une chute spectaculaire par rapport au tarif de la campagne principale qui atteignait 2 800 francs CFA le kilogramme.

Cette réduction correspond à une baisse de près de 57 %. Pour des millions de producteurs dépendant du cacao pour vivre, la crise du cacao prend ainsi une dimension économique et sociale très préoccupante.

La Plateforme ivoirienne pour le cacao durable

Dans une communication rendue publique le 5 mars 2026 à Abidjan, la Plateforme ivoirienne pour le cacao durable (PICD) indique avoir appris l’annonce par voie de presse. L’organisation souligne que cette décision intervient dans un contexte déjà marqué par une campagne principale particulièrement difficile pour la filière cacao.

Selon la PICD, la commercialisation du cacao a connu d’importantes perturbations durant cette période. Plusieurs coopératives se retrouvent avec des stocks importants de fèves de cacao non vendues. Cette situation empêche de nombreux producteurs d’écouler leur production et fragilise l’ensemble de l’économie rurale liée au cacao.

Force est de constater que la crise du cacao se manifeste aussi par les pertes financières enregistrées par les coopératives. La PICD estime que la perte nette pour les sociétés coopératives membres pourrait dépasser 30 milliards de francs CFA. Les stocks encore disponibles avaient été achetés aux producteurs à 2 800 francs CFA le kilogramme. Leur revente devrait désormais se faire autour de 1 300 francs CFA au prix usine.

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Les conséquences et solutions pour la filière cacao

Cette situation crée un déséquilibre économique majeur dans la filière cacao. Les dépenses liées au stockage, à l’entretien des fèves et à la conservation de leur qualité viennent encore alourdir les pertes déjà importantes pour les coopératives.

La campagne principale 2025-2026 devait initialement couvrir la période allant du 1er octobre 2025 au 31 mars 2026. Le changement du calendrier commercial soulève désormais des inquiétudes parmi les acteurs de la filière cacao. Selon la PICD, la crise du cacao ne doit pas être supportée uniquement par les producteurs et les coopératives.

Il faut noter que l’organisation appelle ainsi les autorités à ouvrir rapidement un dialogue inclusif avec les acteurs du secteur. La mise en place d’un plan de sauvetage apparaît nécessaire pour éviter une fragilisation durable du mouvement coopératif, considéré comme un pilier de la filière cacao en Côte d’Ivoire.

Malgré cette situation difficile, plusieurs initiatives visant à moderniser la filière cacao ont été engagées ces dernières années. Parmi ces réformes figurent la mise en place d’un système national de traçabilité du cacao, l’adoption de la norme régionale ARS-1000 pour le cacao durable et la création de l’Organisation interprofessionnelle agricole. Ces efforts visent à renforcer la transparence et la durabilité de la production de cacao.

La crise dans la sous-région

La crise du cacao ne touche pas uniquement la Côte d’Ivoire. Le Ghana, deuxième producteur mondial, a également dû ajuster les prix versés aux producteurs face à la chute des cours internationaux du cacao. Toutefois, la réduction annoncée à Accra reste moins brutale, avec une baisse estimée à environ 30 %.

Cette différence d’ampleur dans les décisions soulève plusieurs interrogations dans la filière cacao. Des facteurs économiques, politiques et institutionnels peuvent expliquer ces choix différents entre Abidjan et Accra. Les mécanismes de fixation des prix, les taxes d’exportation, les marges des intermédiaires ou encore la situation des finances publiques influencent fortement la capacité d’un État à amortir la crise du cacao.

Dans les zones rurales, les conséquences de la crise du cacao pourraient rapidement se faire sentir. La baisse du prix d’achat réduit les revenus agricoles et limite les investissements nécessaires pour entretenir les plantations de cacao. À moyen terme, cette situation pourrait peser sur la production et sur la stabilité économique de plusieurs régions productrices.

Dans ce contexte incertain, la filière cacao ouest-africaine se retrouve à un tournant stratégique. L’évolution des cours mondiaux du cacao, la gestion des stocks et les décisions politiques prises dans les principaux pays producteurs détermineront l’issue de cette crise du cacao qui secoue aujourd’hui l’ensemble du secteur.

Innocent AGBOESSI

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