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Agriculture

FILIÈRE ANACARDE AU BÉNIN: Les femmes, chevilles ouvrières d’une filière en plein essor

Par LAURE LEKOSSA

La filière anacarde est l’une des filières phares à haute valeur ajoutée dont la promotion est consignée dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG, 2016-2021) en raison de sa forte capacité à contribuer à la création d’emplois et de revenus, de sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de sa grande opportunité pour l’exportation. Au nombre des acteurs des différents maillons qui constituent cette filière figurent en bonne place les femmes. Celles-ci jouent un rôle de précision dans la filière.

En effet, ce sont elles qui s’occupent du ramassage des noix aussi chargées de leur transport des champs à leur foyer. Pour elles qui sont parmi les plus démunis en zone rurale, cette activité offre une opportunité d’emploi et de revenus. Ce sont elles qu’on retrouve aussi au niveau de la commercialisation et de la transformation. Ainsi, au niveau des quelques unités de transformations installées, la main d’œuvre est souvent constituée à plus de 90% de femmes. Dame Oroudjo Tanko est une transformatrice de noix de cajou, productrice de jus de pomme de cajou, présidente de la coopérative waduduheheba de boukou Séra situé à Tchatchou dans la commune de Tchaourou. Elle affirme avoir démarré cette activité depuis 2012 avec le soutien de l’ONG DEDRAS, de la SNV et de BéninCaju.

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La transformation du cajou dira-t-elle apporte assez à l’économie béninoise. Aujourd’hui dans la majorité des filières souligne-t-elle, les femmes sont au four et au moulin. Elles sont non seulement dans la production des noix de cajou mais aussi dans la transformation qu’au niveau de la commercialisation. Une activité qui leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles de participer au développement de leurs communautés et de leurs pays. La filière anacarde est une filière pourvoyeuse de richesses et d’emplois et les femmes se portent mieux dans leur famille et communauté lorsqu’elles s’y intéressent parce qu’elles deviennent de plus en plus autonomes. Avec les femmes au sein de la filière anacarde souligne-t-elle l’on peut espérer un meilleur rendement.

Bien qu’étant fortement impliquées dans la filière, les femmes demeurent toutefois confrontées à des difficultés au niveau du maillon production, notamment concernant leur accès aux facteurs de production. En effet, elles ont des responsabilités dans la cueillette, le séchage et les tâches y afférentes, le semi et la récolte des cultures associées aux plantations (production vivrière destinée à l’autoconsommation). Elles participent aux activités, en indépendante dans leur propre exploitation ou au sein de l’exploitation familiale (champ du mari), qu’elles soient ou non rémunérées. Néanmoins, très peu d’entre elles sont détentrices de grandes exploitations. Au plan mondial, il faut rappeler que les femmes produisent plus de 50% de l’alimentation mondiale ; elles ne représentent que 13% des propriétaires des terres agricoles (FAO). Au plan national (BENIN), la femme est utilisatrice des terres parfois de mauvaise qualité. Ses conditions d’accès sont déterminées par son statut matrimonial : jeune fille célibataire, femme mariée seule ou dans un mariage polygamique (dans ce cas, le rang de l’épouse compte), femme divorcée ou veuve, épouse avec ou sans enfant. Il en résulte que l’appui à la filière anacarde pourrait constituer une stratégie de lutte contre la pauvreté au niveau des femmes qui font partie des plus vulnérables en milieu rural du Bénin.

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