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Genre et développement

FILIÈRE MARAÎCHAGE AU BÉNIN: Une alternative au chômage des jeunes de la commune de Ouidah

Au Bénin, le maraîchage est une importante activité agricole qui occupe des milliers de personnes dans les milieux urbains, péri-urbains et ruraux. Il permet de mettre en valeur les zones à hydromorphie particulière (Vallée, bas fond, plaine alluviale). Dans la commune de Ouidah plus précisément autour de la lagune de Djègbadji beaucoup s’adonnent à cette activité. C’est le cas de Sylvain Senouvo, un producteur de la localité rencontré sur l’un de ces sites à Djègbadji dans la commune de OUIDAH.

Par Laure LEKOSSA

« Cultiver la terre est la chose la plus importante qu’un homme puisse faire dans ce monde. La culture de la terre permet à l’humain de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Avec les produits issus de la terre, l’on peut nourrir tout un peuple. Quand tu t’adonnes aux activités agricoles, tu es super heureux et fier de toi-même. Moi je suis un coiffeur de formation, mais j’ai opté pour l’agriculture parce que je me suis dit que c’est la meilleure chose à faire » fait savoir Sylvain Senouvo, maraîcher installé le long de la lagune côtière de Djègbadji. L’agriculture pour lui, est un vieil instrument qu’il maniait depuis le bas âge, apprend il « moi, j’ai grandi dans l’agriculture, j’ai démarré cette activité dans les années 1977 lorsque j’ai quitté le Gabon au cours de la 3ème guerre mondiale. C’est du retour au bercail que je me suis complètement plongé dans l’agriculture. Quand bien même j’allais à l’école, c’est avec les revenus issus de cette activité que j’arrivais à payer ma scolarité et assurer mes frais d’études ».

En effet, le maraîchage s’est d’abord développé dans la proche périphérie des villes pour approvisionner les marchés en légumes frais. Ce type de maraîchage se caractérise par la petite surface des exploitations de type familial, par sa production diversifiée et souvent par la vente directe ou traditionnelle, les maraîchers tenants eux-mêmes un étal dans les marchés locaux. Dans les zones non hydromorphes, il nécessite la mise en place d’aménagements (retenues, irrigation) pour l’apport en eau régulier, l’eau étant l’un des déterminants clés de ce mode de production agricole. En saison de crue ou d’absence de pluie, les désagréments s’observent de part et d’autre sur les productions maraîchères. La majorité des producteurs se retrouvent parfois dans des situations assez complexes à cause du changement climatique.

« Nous souffrons énormément quand la période de crue s’annonce, c’est parfois un souci pour nous, lorsque nous voulons arroser nos plants. Cette année par exemple, nous avions eu trop de soucis parce que la pluie a déjà cessé et surtout le mois d’Août que nous avions eu à traverser l’arrosage des cultures était compliqué » a laissé entendre Sylvain Senouvo. Le maraîchage englobe les cultures destinées à la vente et à la consommation tels que les laitues, l’oignon, la tomate, l’ail, le piment, le concombre etc…. « Moi je produis de la tomate, de l’oignon, je fais aussi la culture des légumes et de la pastèque. Pour la tomate par exemple, c’est tout une étape que nous suivons elle part de la préparation de la terre à l’arrosage et au suivi en passant par la mise en terre des semences et le désherbage. Après cela il suffit juste d’attendre quelques mois et tu peux passer à la récolte. Et pour ma production, j’utilise uniquement des fertilisants organiques produis à bases des fientes d’animaux et issus parfois du compost que je fabrique moi-même. Pour les plants de tomates que j’ai mis en terre par exemple sur ce site, je n’ai pas utilisé de l’engrais chimique, j’ai juste appliqué à ma culture des engrais totalement bio » nous apprend Sylvain Senouvo.

Au nombre des contraintes couramment évoquées par les maraîchers, figure le coût élevé des fertilisants chimiques et la disponibilité des fertilisants organiques. Une situation qui leur impose parfois le développement de l’innovation du compostage, de la jacinthe d’eau et son utilisation en agriculture. Dans la localité, des techniques de ramassage efficace ont été développées, adoptées et suivies par les maraîchers pour faciliter le ramassage des jacinthes et des itinéraires techniques agroécologiques pour l’utilisation du compost de jacinthes d’eau pour la production du piment, de l’amarante et de la tomate et ceci avec l’appui de certaines organisations qui luttent pour la préservation de l’environnement et qui œuvrent pour l’utilisation des fertilisants bio. Les producteurs maraîchers vendent leurs récoltes soit en “circuit long” à des chaînes de supermarchés, à des centrales d’achat (grossistes en alimentation) ou à l’industrie agroalimentaire, soit en “circuit court”, directement de l’agriculteur aux consommateurs, sur un marché, dans d’autres places.

« Ici à la lagune de Djègbadji nous avons nos clients sur nos sites avec qui nous vendons parfois sur place après la récolte. Nos femmes vendent aussi les produits au marché Kpassè. Il y en a qui viennent aussi de Ouidah de Pahou, du Nigéria pour s’approvisionner auprès de nous » partage Sylvain Senouvo. Il ajoute aussi qu’en matière de rentabilité, cette activité lui permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Le maraîchage est un chemin vers la réussite» a-t-il laissé entendre.

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