Le gouvernement français veut limiter la consommation de viande
Après plus de deux ans d’attente, le gouvernement a officiellement publié, ce mercredi 11 février 2026, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc). Ce document, porté conjointement par les ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé, fixe les grandes orientations de la politique alimentaire d’ici 2030.
La place de la viande dans l’alimentation est au cœur des débats. Alors que le projet initial évoquait une réduction de la consommation de viande et de charcuterie, la version finale privilégie une « limitation », un choix qui a suscité de vives discussions entre les parties prenantes. Le ministère de l’Agriculture défend l’idée d’une « consommation de viande équilibrée », tandis que le ministère de la Transition écologique plaidait pour un message plus restrictif en faveur du climat.
En effet, inspirée des travaux de la Convention citoyenne pour le climat et de la loi Climat et Résilience adoptée en 2021, la Snanc entend promouvoir une alimentation plus saine et moins émettrice de gaz à effet de serre. Un enjeu majeur, quand on sait que l’alimentation représente près d’un quart de l’empreinte carbone des Français, dont 61 % proviennent des produits d’origine animale.
Par ailleurs, la stratégie encourage une évolution progressive des régimes alimentaires vers les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Cela inclut une hausse de la consommation de fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et fruits à coque, une consommation modérée de poisson et de produits laitiers, ainsi qu’une limitation de la viande et de la charcuterie, avec un accent sur la réduction des viandes importées.
La restauration collective constitue un levier central de la stratégie, notamment dans les cantines scolaires, les Ehpad et les établissements de la petite enfance. Dans ce sens, l’État ambitionne d’atteindre 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % issus de l’agriculture biologique, tout en favorisant les circuits courts et en limitant l’achat de produits non européens.
Enfin, la Snanc prévoit de renforcer la protection des enfants et adolescents face aux publicités pour des produits trop gras, sucrés ou salés, et d’encadrer pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans certaines structures sociales et éducatives.


