GRANDE SAISON DES PLUIES 2026 AU SUD DU BÉNIN

Prévisions agro-hydro-climatiques, risques probables et recommandations pour les producteurs

Au Bénin, la campagne agricole dépend largement du comportement de la pluie. Chaque année, les producteurs, les éleveurs et les décideurs scrutent avec attention les prévisions saisonnières afin d’anticiper les opportunités et les risques.

Au Bénin, la campagne agricole dépend largement du comportement de la pluie. Chaque année, les producteurs, les éleveurs et les décideurs scrutent avec attention les prévisions saisonnières afin d’anticiper les opportunités et les risques.

Les prévisions saisonnières de la grande saison des pluies de la saison 2026 au Bénin, bien que présageant des caractéristiques globalement favorables, peuvent avoir des implications négatives.  La grande saison des pluies 2026 s’annonce particulière au Sud du Bénin, avec des variations régionales notables qui influenceront directement la planification agricole. Cest ce qu’indique les analyses climatiques réalisées dans le cadre du Forum régional PRESAGG 2026, organisé du 23 au 28 février 2026 à Lomé, en collaboration avec les centres climatiques régionaux et les services météorologiques nationaux, dont Météo-Bénin.

Les analyses climatiques pour la saison 2026

Pour la saison 2026, les analyses climatiques annoncent une grande saison des pluies globalement humide au Sud et au Centre du pays, une situation qui pourrait soutenir la production agricole, mais qui n’est pas sans menaces pour les populations et les systèmes de production.Selon les projections établies sur la base des données climatiques, des modèles statistiques et des analyses d’experts, la saison des pluies 2026 devrait présenter plusieurs caractéristiques notables.

Les cumuls pluviométriques devraient être moyens à supérieurs à la normale sur la période mars-avril-mai dans la plupart des localités du Sud et du Centre du pays. Cependant, pour la période avril-mai-juin, des cumuls moyens à inférieurs pourraient être observés dans certaines zones du Sud.

Selon les analyses, Concernant le démarrage de la saison agricole, les prévisions indiquent des dates précoces à normales dans les départements du Littoral, de l’Atlantique, de l’Ouémé, du Plateau, du Mono et du Couffo, tandis que le Zou et les Collines pourraient connaître un démarrage normal à tardif.

La fin de saison devrait être globalement normale à précoce, alors que les séquences sèches en début de saison seraient courtes à moyennes au Sud, mais moyennes à longues dans le Centre du pays. En fin de campagne, ces séquences sèches pourraient également être moyennes à longues dans l’ensemble des localités concernées.

Du point de vue hydrologique, les écoulements dans les bassins fluviaux de l’Ouémé, du Mono et du Couffo sont attendus moyens à excédentaires, ce qui pourrait favoriser la recharge des ressources en eau.

Des implications possibles pour les activités agricoles

Si ces prévisions annoncent des conditions globalement favorables à la production agricole, elles pourraient aussi engendrer des contraintes importantes pour les systèmes agro-sylvo-pastoraux. Dans les zones où les précipitations pourraient dépasser les normales saisonnières, l’excès d’humidité dans les sols pourrait perturber certaines cultures sensibles à l’engorgement.

Des phénomènes tels que le ruissellement érosif, le débordement des cours d’eau ou le remplissage rapide des zones dépressionnaires pourraient également être observés. Ces situations risquent de compliquer les déplacements des populations et des animaux, tout en rendant plus difficile l’accès aux marchés, aux centres de santé et aux zones de production, notamment dans certaines localités déjà fragilisées par des problèmes d’insécurité.

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À l’inverse, dans les zones où le démarrage de la saison serait tardif et où les séquences sèches seraient longues, l’irrégularité des pluies pourrait perturber les calendriers culturaux. Cette situation pourrait ralentir le développement des cultures et des plantes fourragères, affecter les mouvements de transhumance et prolonger la période de soudure dans certaines communautés rurales.

Des risques climatiques multiples

Le caractère humide attendu pour la saison 2026 pourrait aussi entraîner plusieurs risques climatiques et sanitaires. D’après les prévisions, Les inondations figurent parmi les principales menaces. Elles pourraient provoquer la submersion des surfaces cultivées, des pertes de récoltes et de fourrages, ainsi que des dégâts sur les infrastructures socio-économiques telles que les routes, les écoles, les marchés ou les centres de santé.

Les conditions d’humidité pourraient également favoriser la prolifération de maladies hydriques et diarrhéiques, notamment le choléra, le paludisme, la dengue ou encore la bilharziose. Dans les champs, les agriculteurs pourraient être confrontés à une augmentation des ravageurs et des mauvaises herbes, ainsi qu’à des pertes post-récoltes plus importantes.

Dans certaines zones du Centre, où des séquences sèches prolongées sont attendues, la persistance de fortes chaleurs et de vents chauds pourrait aussi entraîner des pertes de semis, une baisse des rendements agricoles et accentuer la hausse des prix des denrées alimentaires.

Par ailleurs, la combinaison de ces aléas climatiques avec la pauvreté, la vulnérabilité des ménages et certaines tensions locales pourrait favoriser des conflits liés à l’accès aux terres, aux pâturages ou aux ressources en eau.

Des mesures pour anticiper les risques

Face à ces risques potentiels, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des autorités, des producteurs et des organisations d’appui au monde rural. Il est notamment conseillé de renforcer la diffusion des informations climatiques afin de permettre aux communautés d’anticiper les événements extrêmes. L’entretien des caniveaux, la protection des digues et la surveillance des zones inondables sont également essentiels pour limiter les impacts des crues.

Dans le domaine agricole, les experts recommandent l’adoption de techniques culturales climato-intelligentes, l’utilisation de variétés adaptées aux conditions humides ou au déficit hydrique et le développement de l’irrigation dans les zones exposées aux sécheresses temporaires.

La promotion des cultures tolérantes à l’excès d’eau, comme le riz ou certains tubercules, ainsi que la mise en place de systèmes de collecte et de stockage des eaux de pluie, pourraient aussi permettre de mieux valoriser les conditions climatiques prévues. Selon les recommandations issues de ces ateliers, les producteurs sont invités à suivre régulièrement les mises à jour des prévisions météorologiques diffusées par Météo-Bénin, afin d’ajuster leurs pratiques au fil de la saison.

Si la grande saison des pluies 2026 offre des perspectives encourageantes pour la production agricole au Sud et au Centre du Bénin, elle exige néanmoins une vigilance accrue de la part des acteurs du monde rural et des autorités publiques.

Vignon Justin ADANDE

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