HAUSSE DU PRIX DE L’ESSENCE FRELATEE

Au Bénin, la hausse du prix de l'essence frelatée ne cesse de faire réagir. Derrière les chiffres, ce sont des réalités bien concrètes qui se dessinent dans les champs, sur les routes et dans les marchés. De l’agriculteur au consommateur final, chacun subit les effets d’un phénomène aux causes multiples et aux conséquences profondes.

Des répercussions sur les producteurs agricoles et les consommateurs

Au Bénin, la hausse du prix de l’essence frelatée ne cesse de faire réagir. Derrière les chiffres, ce sont des réalités bien concrètes qui se dessinent dans les champs, sur les routes et dans les marchés. De l’agriculteur au consommateur final, chacun subit les effets d’un phénomène aux causes multiples et aux conséquences profondes.

Au Bénin, la hausse du prix de l'essence frelatée ne cesse de faire réagir. Derrière les chiffres, ce sont des réalités bien concrètes qui se dessinent dans les champs, sur les routes et dans les marchés. De l’agriculteur au consommateur final, chacun subit les effets d’un phénomène aux causes multiples et aux conséquences profondes.

Au Bénin, l’essence constitue une nécessité majeure pour les activités agricoles, notamment pour l’irrigation des cultures et le transport des productions vers les marchés. Sans cet intrant, une grande partie des opérations agricoles modernes serait difficile, voire impossible à assurer efficacement.

Les conséquences sur les activités agricoles

Mais la hausse récente de son prix vient bouleverser cet équilibre déjà fragile. En ce mois de mars 2026 au Bénin, d’après CADRECO, dans certains points de vente informels, le litre d’essence frelatée est passé de 550 à 600 francs CFA, avant d’être cédé désormais à 650 francs CFA, voire 700 francs ou même 800 francs CFA dans certaines localités.

Ifèdoun Christophe ABALLO, cultivateur à N’dali, en témoigne : « Nous utilisons de l’essence pour l’irrigation et le transport », explique-t-il. Il poursuit en disant qu’il a constaté que « la hausse de l’essence a créé des complications dans sa manière de produire ». Il explique avoir déjà installé ses cultures et, si elles n’ont pas été réduites malgré la hausse du carburant, les charges liées à l’exploitation ont néanmoins fortement augmenté, notamment pour la logistique et le transport. Cette hausse des coûts pèse directement sur sa rentabilité, réduisant le rendement et les marges de l’exploitation.

Pourtant, les producteurs disposent de peu de leviers pour compenser ces pertes. C’est en ce sens que Christophe affirme : « Nous sommes dans un secteur où nous n’avons pas une grande marge de manœuvre pour augmenter le prix de vente ». Il ajoute que, face à cette contrainte, il utilise désormais le gaz domestique au détriment de l’essence pour continuer ses activités.

Les causes économiques de la flambée du carburant

Pour expliquer cette flambée des prix, Cyrille DJOWAMON, agro socio-économiste du développement, affirme que « le phénomène s’inscrit dans une dynamique à la fois internationale et locale ». Il poursuit son intervention en expliquant d’abord que l’essence frelatée, étant un produit importé, dépend fortement des fluctuations du marché mondial.

Pour CADRECO, cette progression des prix intervient d’ailleurs dans un contexte de turbulence économique sur le marché mondial du pétrole, en lien avec les bombardements au Moyen-Orient. Selon le quotidien Le Parisien, le baril de Brent, référence pour une grande partie du pétrole vendu en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, est repassé au-dessus de 100 dollars (environ 56 824 francs CFA) le 12 mars 2026.

Cyrille affirme que l’augmentation du prix de l’essence frelatée sur le marché international peut ainsi expliquer cette hausse. À cela s’ajoutent des facteurs monétaires liés aux échanges internationaux, notamment la perte de valeur de la monnaie d’acquisition ou de cession.

Au-delà de ces facteurs externes, des dysfonctionnements internes peuvent également amplifier la hausse. Dans un marché encore peu structuré, certains acteurs disposent d’un pouvoir important sur l’offre et peuvent créer artificiellement des pénuries, faisant ainsi grimper les prix. Toutefois, même si les tensions internationales jouent un rôle, l’expert reste mesuré et précise qu’il n’existe pas encore d’éléments probants permettant de confirmer toutes les hypothèses.

Comment la hausse du carburant affecte les ménages et l’économie

Les conséquences de cette hausse ne se limitent pas aux producteurs. « En raison du rôle central de l’essence dans le transport et la distribution, toute augmentation de son prix se répercute sur l’ensemble de l’économie », explique l’agro socio-économiste.

Ce mécanisme, souvent qualifié d’effet domino, impacte directement les consommateurs « L’augmentation des coûts de transport entraîne celle des prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité, ce qui se traduit par un renchérissement du panier de la ménagère ».

Au marché Dantokpa, les prix de la tomate et du piment connaissent actuellement une hausse notable. Selon les revendeurs, cette augmentation est principalement liée à la hausse du prix de l’essence frelatée. En effet, le transport des produits agricoles depuis les champs jusqu’aux marchés dépend fortement de ce carburant, dont le coût a récemment augmenté. Cette situation entraîne une hausse des frais de transport, qui se répercute directement sur les prix de vente, obligeant ainsi les consommateurs à payer plus cher pour ces denrées essentielles.

Dans un contexte où de nombreux ménages disposent de revenus modestes, cette situation peut rapidement devenir préoccupante. « Une hausse du coût de la vie, une réduction du pouvoir d’achat et une augmentation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire sont des risques bien réels », avertit l’expert. Même si une crise alimentaire généralisée n’est pas encore constatée, les conditions actuelles posent des signaux d’alerte sérieux pour la stabilité économique et sociale du pays.

Mystéria ALLAHIZI

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