Abomey-Calavi
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INSALUBRITÉ À ABOMEY- CALAVI : Le quartier Agamandin en marge des actions du projet de gestion des déchets solides dans le grand Nokoué ?

Le phénomène d’insalubrité grandissante dont souffre le Bénin n’épargne aucune ville de son territoire. Dans la commune d’Abomey – Calavi, la situation se fait davantage remarquer. Le quartier dénommé « Aganmadin » est l’un des quartiers les plus insalubres de la commune. Une équipe de la rédaction est descendue sur le terrain pour le constat.

Par Hermione ADJANOHOUN

Mardi 20 avril 2021!!!! Il est 16 heures. Nous sommes dans la commune d’Abomey –Calavi, plus précisément au quartier Agamandin. Un quartier situé à quelques encablures de la voie inter-état Cotonou -Calavi logé dans une von juste en face de l’Hôtel de Ville à quelques mètres du goudron. Le long de cette route pavée sont construits des maisons et des immeubles à étages bien aménagés et quelques boutiques de vente de divers produits.

Mais juste à la plongée de la voie pavée, c’est une forte odeur d’égout qui emballe le nez. Elle prend les narines, pique presque les yeux. C’est une odeur nauséabonde qui inonde l’air du quartier. Un quartier où sont logés non seulement plusieurs habitations, mais aussi des ateliers de travail. Les populations installées sur cette espace naviguent entre les ordures ménagères de tous genres érigés çà et là, et les eaux usées stagnées partout et autour des logements. Un peu plus loin ce sont des enfants qui jouent au milieu de la cour jonchée d’immondices fortement désagréables sous le regard bienveillant de leurs parents. À quelques mètres des maisons se retrouve un tricycle stationné dont se servent les agents de la mairie d’Abomey -Calavi pour le ramassage des ordures. Dans ce quartier c’est l’insalubrité dite sa loi. Quelques petits pas en avant vous suffisent pour vous retrouver au bord de la lagune. Blaise est un menuisier installé dans ce quartier il y a de cela un moment. Interrogé, il affirme « Il y a deux mois que je me suis installé dans ce quartier et toutes mes tentatives pour rendre propre et vivable cet endroit ont été vaines. Ce sont les habitants eux-mêmes qui viennent verser les ordures au sol et dans le bas-fond. Et quand je fais l’effort de leur expliquer que cette manière de faire et d’agir n’est pas une bonne chose, personne ne prend en considération mes propos ».

Malgré cet état de choses, les habitants de ce quartier se retrouvent dans l’impossibilité vu qu’ils ont déjà acquérir ses parcelles et y ont déjà faits des constructions. Ils se retrouvent parfois dans l’obligation de vivre dans ce milieu désolant. À la question de savoir pourquoi décidé de rester dans un tel milieu, Barnabé un habitant du quartier explique « Que voulez-vous que nous fassions ? C’était un bas-fond ici et on jetait les ordures pour pouvoir boucher l’eau. Mais vu qu’on n’a pas les moyens et qu’on a déjà acheté la parcelle, nous sommes contraints d’y habiter ». Dans ces explications, en saison pluvieuse, les riverains de la zone sont confrontés à des problèmes de respiration du fait qu’après la pluie, l’eau stagné dans le sol se mélange avec les ordures déjà entreposées et dégage au finish des odeurs insupportables. « Moi franchement à chaque fois que je rentre à la maison, j’ai du mal à manger à cause des odeurs et quand il pleut on n’est obligé de passer dans l’eau stagné avec les déchets, ce qui l’année dernière m’est causé des infections aux pieds », nous a confié Archille, un maçon habitant du quartier et dont l’habitation est érigée au milieu des ordures. À en croire les propos de dame Élise, mis à part les habitants du quartier qui déversent anarchiquement les ordures, les agents ramasseurs d’ordures de la mairie d’Abomey-Calavi viennent eux aussi renverser les ordures qu’ils collectionnent au sein des ménages dans le quartier. Une situation qui n’est pas du goût des habitants du quartier.

Les conséquences de l’insalubrité sur la santé

Ce phénomène d’insalubrité dans lequel règnent les habitants de ce quartier les expose à de lourdes conséquences sanitaires. Ces derniers sont livrés à plusieurs risques de maladies telles que les troubles respiratoires, le paludisme en cette période de pluie ou l’eau stagné entraîne la prolifération des moustiques, les infections et bien d’autres. C’est d’ailleurs ce que nous a expliqué Innocent, un des riverains rencontrés. « En saison pluvieuse, les moustiques se prolifèrent et nos enfants sont exposés aux maladies notamment le paludisme. Surtout en ces périodes, il y a de gros moustiques ici, et déjà à 17h nous sommes obligés de fermer nos portes, pur éviter que les moustiques pénètrent nos chambres. Mais cela n’empêche pas la maladie », a-t-il indiqué.

Fuite des responsabilités des autorités communales ou mauvaise volonté ?

À la question de savoir pourquoi ce quartier demeure dans ce d’état d’insalubrité notoire, notre équipe de reportage s’est rapprochée du chef quartier Agamandin. Toutes nos tentatives pour avoir son avis sur le sujet ont été vaines. Joint au téléphone, le chef quartier affirme qu’il n’a rien à dire à propos de l’insalubrité constatée dans son quartier. C’est évident que la 1re autorité désignée pour assurer le développement local de ce quartier ne joue non seulement pas son rôle, mais reste et demeure insensible aux souffrances des populations qui ont porté leurs choix sur lui. L’on se demande à cet effet si les populations ont faits un mauvais choix. La gestion des déchets solides et ménagers doit être une préoccupation majeure de la part des autorités municipales. Une redevance intitulée Taxe d’Enlèvement des Ordures (TEO) est instituée pour aider les communes à faire face au mieux, aux problèmes d’insalubrité. Mais dans la commune d’Abomey-Calavi, ville reconnue Cité-dortoir, le triste constat ne manque pas d’être fait. Dans plusieurs quartiers, les ordures sont présentes et accueillent les passants. Contrairement à d’autres villes où des structures sont commises pour le nettoyage, on ne sent presque rien du genre dans la Cité-dortoir dont les populations assurément contre leur gré, se familiarisent avec les déchets. Une réalité en face de laquelle une question ne manque pas d’être posée à savoir à quoi servent les Taxes d’Enlèvement d’Ordures à Abomey-Calavi.

Actions mises en œuvre par le gouvernement à cet effet

Le projet de gestion des déchets solides du Bénin est un projet élaboré et mis en place par le gouvernement béninois pour débarrasser ses populations des déchets solides ménagers. L’objectif est d’offrir aux habitants du Grand Nokoué un système performant de gestion des déchets et de salubrité urbaine. Pour atteindre cet objectif, les autorités prévoient à terme de collecter 90 % des déchets dans le Grand Nokoué. Parmi ces déchets, 60 % devraient être valorisés d’ici à 7 ans. Le projet de gestion des déchets concerne cinq villes du Grand Nokoué, notamment Cotonou, Porto-Novo, Ouidah, Abomey-Calavi. Depuis le lancement de la phase I de ce projet, les habitants du Grand Nokoué, au sud du Bénin notamment ceux de la commune d’Abomey –Calavi ne bénéficie pas encore des bienfaits de ce projet. Il prévoit également le balayage, le désensablement des voies, le curage des caniveaux et le désherbage. Avec ses différents quartiers et zones qui siègent encore dans l’insalubrité, l’on pourrait estimer que ce projet n’a pas encore pris corps dans la commune d’Abomey – Calavi. Une chose qui devrait attirer l’attention des autorités communales qui depuis toujours demeurent insensibles et inaptes aux questions de développement local.

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