Une hausse de 23,9 % attendue pour les légumineuses
Après une campagne 2024-2025 déjà bien orientée, l’agriculture nationale s’apprête à franchir un nouveau palier. Les projections officielles pour la saison 2025-2026 confirment une dynamique haussière soutenue, avec en ligne de mire une production vivrière record. Dans ce contexte porteur, les légumineuses s’installent durablement en tête de la croissance, devenant un levier stratégique aussi bien pour la sécurité alimentaire que pour la création de valeur.
Selon les données de la Direction des Statistiques Agricoles, consultées par La Marina BJ, la production vivrière, estimée à 12,66 millions de tonnes lors de la campagne 2024-2025 (+4,2 %), devrait progresser de 6,1 % sur la période 2025-2026 pour atteindre environ 13,43 millions de tonnes. Une accélération qui traduit l’effet conjugué d’une meilleure organisation des filières, d’un encadrement technique renforcé et d’investissements publics ciblés.
La filière des légumineuses
Au sein de ce paysage agricole en mutation, la filière des légumineuses affiche une trajectoire exceptionnelle. Après une envolée de 28,5 % lors de la campagne précédente, la production devrait encore croître de 23,9 % en 2025-2026. Une performance qui confirme le repositionnement stratégique de cette culture longtemps considérée comme secondaire, mais aujourd’hui reconnue pour son rôle central dans la nutrition, la fertilité des sols et la résilience climatique.
Les céréales, autre pilier du système vivrier, ne sont pas en reste. Leur production est attendue en hausse de 13,5 %, consolidant ainsi le duo céréales–légumineuses comme socle de la sécurité alimentaire nationale. Ensemble, ces deux filières tirent l’ensemble du secteur vers des niveaux jamais atteints.
Ces résultats annoncés ne doivent rien au hasard. Sur le terrain, l’État a renforcé son dispositif d’accompagnement. Pour la campagne à venir, 180 000 tonnes d’engrais NPK et 115 000 tonnes d’urée ont été mobilisées et mises à disposition des producteurs à des prix subventionnés. À cela s’ajoute le recrutement de 223 agents publics chargés d’assurer un suivi technique de proximité, un maillon longtemps jugé insuffisant par les organisations paysannes.
La campagne 2025-2026 s’inscrit également sous le signe de l’adaptation climatique, avec l’introduction de variétés de semences plus résilientes et une orientation claire vers l’amélioration durable des rendements. Une approche qui vise autant la stabilité des productions que la sécurisation des revenus agricoles.
De la production à la valeur ajoutée
Au-delà des volumes, l’enjeu reste la transformation. La poursuite du Programme National de Développement des Filières à Hautes Valeurs Ajoutées (PNDF-HVA) ambitionne de convertir les gains de production en richesse économique tangible, notamment pour les filières des racines et tubercules, dont la production devrait encore progresser de 1,4 %.
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Si le coton (+1,5 %) et l’ananas (+2,3 %) poursuivent une croissance modérée, c’est bien le bloc vivrier qui s’affirme comme le véritable stabilisateur du secteur agricole. À la croisée des politiques publiques et des réalités de terrain, les légumineuses et les céréales apparaissent désormais comme les garants de la souveraineté alimentaire et de la transition harmonieuse entre les campagnes agricoles.
Si les prévisions se confirment, l’année 2026 pourrait marquer un tournant majeur dans la consolidation de la résilience agricole nationale, avec une agriculture moins vulnérable, mieux structurée et davantage orientée vers la valeur ajoutée.
Jean-Baptiste HONTONNOU

