Le regain des prix alimentaires et implications pour les marchés en 2025
La flambée des prix alimente les inquiétudes des ménages dans de nombreux pays africains, où l’inflation pèse de plus en plus sur le quotidien. Au Bénin, les enquêtes confirment un regain des prix sur plusieurs marchés et rappellent l’urgence d’une réponse économique structurante.
Au troisième trimestre de 2025, le Bénin a connu une légère accélération de l’inflation, essentiellement portée par la hausse des prix des denrées alimentaires. Selon les informations relayées par le média La Nation Bénin basées sur les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et d’autres sources officielles, le pays a enregistré un taux d’inflation de +1,5 % au terme du troisième trimestre 2025, contre +1,1 % au trimestre précédent. Ce qui représente une augmentation de 0,5 point de pourcentage qui mérite attention dans un contexte de préservation du pouvoir d’achat des ménages.
Cette remontée est essentiellement due à l’augmentation des prix des biens de première nécessité. Les denrées alimentaires ont progressé de 6,0 %, contre +4,1 % au trimestre précédent. Parmi les produits qui ont contribué à cette hausse figurent : les tubercules, dont les prix sont passés d’une baisse de -8,1 % à une légère progression de +0,8 % ; les légumes frais, dont le prix a augmenté de +7,9 %.
Cette pression haussière sur les prix alimentaires a été partiellement compensée par la baisse notable des tarifs des services de restauration et d’hébergement, qui ont reculé de 5,8 %, contribuant à atténuer l’impact global de l’inflation sur les ménages.
Comparaison régionale et compétitivité
À l’échelle de l’Union Économique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA), la dynamique est plus contrastée. Sur la même période, le niveau général des prix dans l’Union a enregistré une baisse moyenne de -1,3 %, après une légère hausse de +0,3 % le trimestre précédent. Cette désinflation régionale est justifiée par le recul des prix des produits alimentaires (-1,6 %) et par le ralentissement des prix des services tels que la restauration et les hôtels.
Sur le plan de la compétitivité externe, l’UEMOA bénéficie d’un Taux de Change Effectif Réel (TCER) en repli de 6,3 % en glissement annuel. Celà traduit un gain de compétitivité-prix par rapport aux principaux partenaires commerciaux, notamment le Nigeria et le Ghana, où l’inflation reste nettement plus élevée.
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Impacts sur les marchés agricoles et de consommation
Pour les marchés agricoles béninois, l’augmentation des prix alimentaires peut avoir des effets directs sur les coûts de production, de transformation et de distribution. Une inflation plus marquée sur les produits de base signifie que les ménages consacrent une plus grande part de leur budget à l’alimentation, ce qui peut réduire la demande pour d’autres biens ou services. Par ailleurs, la hausse des prix des tubercules et des légumes pourrait peser sur certains segments clés du panier de consommation.
En parallèle, le recul de l’inflation dans l’UEMOA et la dépréciation modérée du franc Cfa par rapport aux monnaies de certains partenaires offre un environnement externe plus favorable aux exportations et à la compétitivité des produits régionaux sur les marchés internationaux.
Maëlle ANATO


