Abomey-Calavi
Agriculture

LE MANIOC : Une des filières stratégiques pour la sécurité alimentaire du Bénin.

Le manioc représente un aliment de base pour la plupart de ses populations africaines, au point que certains pays d’Afrique de l’Ouest ont le mérite d’être appelés “pays du manioc” du fait de leur productivité et action de promotion. Il s’agit du Nigéria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Bénin qui ont fait de ce produit une filière.

Laure LEKOSSA.

Le manioc est une plante qui a été introduite en Côte d’Ivoire par les populations immigrantes AKAN venant du sud du Ghana notamment les Abouré et les Aladjan. Le manioc, Manihot esculenta, aussi appelé yuca ou tapioca, tire ses origines d’Amérique centrale et du Sud, précisément du sud-ouest du bassin amazonien.  Il appartient à la famille des Euphorbiaceae, de l’espèce des plantes dicotylédones. Importé en Afrique au XVI siècle par les Portugais selon certaines sources, il représente la potentielle source énergétique des styles alimentaires des populations des zones tropicales et subtropicales. Pour exemple, un hectare de manioc cultivé donnerait 8,2 millions de calories et seulement 3,3 millions pour le maïs, pour la même superficie. Il est la deuxième culture vivrière après l’igname.  Sa production dont la plus grande partie se trouve dans la moitié sud du pays couvre environ 80% du territoire national. Le manioc est un aliment vital pour 500 millions de la population des pays en développement, dont 80 millions pour la zone ouest-africaine. S’agissant du Bénin, sa culture a pris de l’envol sous GUEZO (9e Roi d’Abomey actuel Bénin), du fait de la sécheresse 1847 à 1850, ayant touché les autres cultures. Paradoxalement, ce n’est qu’en 1975 qu’elle est devenue génératrice de revenus grâce à la forte demande du Niger et du Nigéria. Le manioc constitue à la fois une culture de subsistance et une culture de rente pour les producteurs.

Les Zones de culture du manioc.

Le manioc est une plante de la zone tropicale humide.  Il s’adapte facilement à la plupart des conditions de climat et de sol à l’exception des climats des zones tempérées européennes très froides et des zones désertiques du sahel. Mais comme pour toutes les plantes cultivées, ses rendements seront très variables selon que les conditions de climat et de sol qui lui seront favorables ou défavorables. La culture de l’igname se pratique avec succès dans des zones où la pluviométrie varie entre 1000 et 1800 mm ; toutefois, il est possible de cultiver l’igname avec une pluviométrie de 600 mm, mais le rendement reste faible. L’igname, pour la croissance végétative et une bonne tubérisation, préfère des sols limon sableux ou sablo limoneux, ayant une conductivité hydraulique de 15 cm/h, une densité apparente comprise entre 1,1 et 1,6 g.cm−3 et surtout légers, profonds (> 0,6 m), bien drainés, riches en matière organique, en azote, en potasse, en magnésium et en calcium ; un pH compris entre 5 et 7 est aussi propice à une bonne culture d’igname.  Au-delà des paramètres édaphiques et des facteurs climatiques, les pratiques culturales, notamment le type de cultivar, la densité de plantation, la date de plantation, les adventices, les maladies et ravageurs, sans occulter l’histoire des parcelles et les pratiques paysannes de gestion du sol, ont un effet sur la productivité des ignames. Les facteurs déterminant le choix des variétés d’igname cultivées par les producteurs sont principalement : la qualité culinaire des tubercules, la productivité, la valeur commerciale, la facilité de multiplication, la qualité des cossettes, la précocité de tubérisation, la conservation, la facilité de culture, le rôle dans l’alimentation.

Au cours de la campagne agricole 2016–2017, la production béninoise a été de 3 041 245 tonnes, soit 5 % de la production mondiale (DSA et MAEP, 2017),  ce qui classe le Bénin au quatrième rang des pays producteurs d’igname après le Nigeria (70 % de la production mondiale), la Côte d’Ivoire (9 %) et le Ghana (7 %). L’igname est donc considérée comme l’un des produits stratégiques pour la sécurité alimentaire du Bénin, où les départements favorables à sa production sont les Collines, le Borgou, la Donga, l’Atacora, l’Alibori, le zou et le Plateau.

Les sols favorables à la production du manioc.

Le manioc se produit sur les sols argilosableux (éviter les sols essentiellement argileux), sur les sols sableux, meubles enrichis en matière organique à tendance limon sableuse (constitué de limon et de sable).  C’est un sol perméable, profond, et riche en matière organique, sur un relief plat ou présentant une faible pente. Pour la production du manioc, il est important d’éviter  les sols de bas-fonds, les sols à pente forte,  les zones mal drainées, les périodes de sécheresse pendant les 3 premiers mois.

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