DÉBUT DE SAISON AGRICOLE

Au début de chaque campagne agricole, les femmes rurales portent une charge de travail souvent invisible mais écrasante. Entre les champs, le foyer et les corvées, leurs journées s’allongent jusqu’à l’épuisement, au prix de leur santé. Pourtant, sans cet engagement silencieux, la réussite de la saison agricole serait compromise au regard du rôle capital qu'elles jouent.

Les femmes rurales comme le bastion du succès attendu

Au début de chaque campagne agricole, les femmes rurales portent une charge de travail souvent invisible mais écrasante. Entre les champs, le foyer et les corvées, leurs journées s’allongent jusqu’à l’épuisement, au prix de leur santé. Pourtant, sans cet engagement silencieux, la réussite de la saison agricole serait compromise au regard du rôle capital qu’elles jouent.

Au début de chaque campagne agricole, les femmes rurales portent une charge de travail souvent invisible mais écrasante. Entre les champs, le foyer et les corvées, leurs journées s’allongent jusqu’à l’épuisement, au prix de leur santé. Pourtant, sans cet engagement silencieux, la réussite de la saison agricole serait compromise au regard du rôle capital qu'elles jouent.

La « femme aux mille bras », c’est l’expression toute trouvée pour décrire nos mères agricultrices, ces femmes qui travaillent d’arrache-pied, sans compter ni leurs heures ni leurs forces. Elles portent, souvent seules, le poids de nombreuses tâches champêtres auxquelles s’ajoutent les responsabilités familiales. Jour après jour, ces charges s’empilent jusqu’à les enfermer dans une routine interminable et harassante, où le repos devient un luxe rare.

En effet, en début de saison, les travaux se multiplient. Il faut défricher, labourer, procéder aux semis. Rien de tout cela ne se fait sans la « femme aux mille bras », présente à chaque étape, souvent dans l’ombre. Elle accomplit un travail peu ou pas valorisé, mais pourtant essentiel. Il s’agit d’un labeur indispensable à la production agricole, vitale pour l’économie et fondamental pour le bien-être de la famille comme de toute la communauté.

Des conséquences lourdes

Elles ne sont pas des machines, encore moins des robots. Et même ces derniers finissent par tomber en panne lorsqu’ils sont privés d’entretien. Il en va de même pour ces femmes. Écrasées par la charge, elles en paient le prix fort, avec de lourdes conséquences sur les plans physique, mental et professionnel.

Selon Elle WAMA MARA, socio-anthropologue et experte en genre, la femme agricultrice s’efface souvent totalement à cette période, sacrifiant ses propres besoins pour satisfaire ceux de sa famille et répondre aux attentes de la société. Cette pression constante entraîne fatigue chronique, maladies et une surcharge mentale qui pèse lourdement sur son bien-être.

Il n’est pas rare de voir des femmes parcourir de longues distances à pied. Par crainte de ne pas atteindre les objectifs assignés, elles ignorent souvent les signaux d’alerte de leur corps, poussant leur endurance au-delà des limites. « Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre elles accouchent en chemin ou au champ parce qu’elles se relèguent elles-mêmes au second plan », souligne l’experte.

Ces conséquences vont au-delà de ce que l’on peut imaginer. La santé de la « femme aux mille bras » n’intéresse guère. C’est la raison pour laquelle la fatigue chronique déclenche, selon Elle Wama, plusieurs maladies affectant même sa capacité de reproduction. « Elles sont toujours confinées aux tâches les plus pénibles », déplore l’experte.

Une réalité confirmée par le terrain

S’en tenir aux propos de l’experte pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une réalité théorique. Mais l’entendre de la bouche des femmes elles-mêmes convainc davantage. Ainsi, selon plusieurs d’entre elles, dont Maria I., qui requiert l’anonymat, le quotidien est un parcours du combattant : marcher pour rallier les champs, travailler la terre, et ne rentrer que tard pour ensuite cuisiner et soigner les enfants.

De plus, d’aucuns soulignent ne pas avoir un accès suffisant aux terres cultivables. C’est d’ailleurs là que le bât blesse. L’experte précise : « On a moins de 15 % de femmes propriétaires de terres ici au Bénin, alors qu’elles constituent plus de 60 % de la main-d’œuvre ».

Plus loin, elle indique que l’un des principaux biais du secteur réside dans la reconnaissance des acteurs. L’on considère le plus souvent les propriétaires d’exploitations — rarement des femmes — tandis que ces dernières restent majoritairement exclues. Pourtant, selon Ella Wama, elles assurent plus de 80 % du travail dans les chaînes de valeur agricole. Un chiffre qui rappelle avec force leur rôle déterminant.

Un rôle décisif

La place des femmes est centrale dans la réussite d’une campagne. Ce sont elles qui assurent les premières tâches, effectuent les semis, entretiennent les plantations et mettent en place les cultures secondaires. Ce sont elles, enfin, qui commercialisent les petites récoltes entre deux saisons, maintenant ainsi les revenus des ménages.

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Autant de tâches qui prouvent que les femmes sont la cheville ouvrière du succès agricole. « On les retrouve de la ferme jusqu’à la fourchette », a résumé l’experte en genre, ajoutant qu’il est urgent de penser à réduire la pénibilité de leurs tâches.

Pour conclure, Ella WAMA MARA avertit : l’agriculture durable ne saurait se développer tant que les inégalités de genre persistent. D’où la nécessité absolue de renforcer les capacités des femmes, condition essentielle au développement de nos pays.

Aboubakar FAÏSSAL

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