Élevage, irrigation, mécanisation… les chantiers majeurs du secteur agricole
Adoptée le 4 décembre 2025, la loi de finances 2026 confirme l’ambition du Bénin d’accélérer la transformation de son agriculture et d’en faire un pilier de souveraineté alimentaire. Le budget général de l’État s’établit à 3 783,984 milliards FCFA, en hausse de 6,6 %. Le secteur agricole, pour sa part, bénéficie d’une enveloppe de 147,447 milliards FCFA, dont 65 % proviennent de ressources propres et 35 % de prêts et dons, selon les explications du ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui.
Ce budget est structuré autour de quatre grands programmes : l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’aquaculture, et enfin un programme de soutien. Le programme Agriculture, doté de 110 milliards FCFA, mobilise les ressources les plus importantes et vise à renforcer la résilience des exploitations. Comme l’explique le ministre, « l’essentiel de nos focus porte sur la mise à disposition des semences, des engrais à coût réduit et l’accompagnement des producteurs pour moderniser leurs exploitations ». L’amélioration de la maîtrise de l’eau constitue un axe majeur.
Aujourd’hui, le Bénin dispose d’environ 26 000 hectares aménagés avec maîtrise totale de l’eau. L’ambition est d’atteindre 50 000 hectares dans les prochaines années. À ce sujet, le Ministre Gaston Dossouhoui fait savoir que « Douze mille hectares ont déjà été étudiés, 8 000 sont en cours d’aménagement, et nous venons de lancer une étude sur 6 000 hectares et 80 retenues d’eau ». Ces efforts s’accompagnent de la valorisation des grandes vallées de l’Ouémé, du Mono, du Niger et de la Pendjari à travers l’opérationnalisation de la SoBAA, ainsi que du renforcement de la petite irrigation via le PND Irrigation.
D’autres axes du programme Agriculture
Le programme Agriculture inclut également le développement des infrastructures marchandes, des services d’appui aux unités de transformation et la facilitation de l’accès au financement. À ce titre, le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) poursuivra ses opérations afin d’atteindre un taux de couverture des besoins agricoles estimé à 40 % en 2026.
L’accès aux semences certifiées et aux intrants sera renforcé, tout comme le soutien aux filières prioritaires telles que le maïs, le riz, le manioc, l’ananas, l’anacarde, le soja ou encore l’arboriculture fruitière. L’objectif est d’améliorer les rendements et de structurer durablement les chaînes de valeur.
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L’Élevage, un autre volet important de la stratégie sectorielle
De plus, ce programme mise sur un nouveau type d’élevage, plus résilient, basé sur la sédentarisation et une meilleure gestion des ressources fourragères. « Autant que nous produisons du riz ou du maïs, nous devons aussi produire du fourrage pour les animaux et gérer nos résidus de récoltes », insiste le ministre.
La modernisation des habitats d’élevage, qu’il s’agisse des volailles ou du gros bétail, fait partie des priorités, de même que le renforcement des infrastructures dédiées : parcs de bœufs, marchés à bétail, centres d’abattage et abattoirs modernes. Le suivi vétérinaire et la maîtrise des épizooties seront renforcés grâce à des capacités de diagnostic améliorées, à des campagnes de vaccination et à un encadrement sanitaire plus rigoureux.
Le programme Pêche et Aquaculture
Le programme Pêche et Aquaculture marque également un tournant important. L’un des projets phares pour 2026 est la construction du port de pêche de Cotonou, qui pourra accueillir près de 400 embarcations. Pour mesurer l’évolution du secteur, le ministre rappelle qu’en 2016, le Bénin ne produisait que 80 000 tonnes de poissons, contre 84 000 tonnes aujourd’hui, une progression qui doit encore s’accentuer.
Le développement de villages aquacoles, l’aménagement de nouveaux sites d’aquaculture, la production d’alevins de qualité et l’amélioration de la chaîne de froid permettront de renforcer la disponibilité en poisson et d’améliorer la compétitivité des acteurs.
Le programme de soutien, enfin, regroupe les actions transversales essentielles au fonctionnement du secteur. Il couvre la gestion des ressources humaines et matérielles, la digitalisation, la sécurisation des données ainsi que les enquêtes statistiques permettant d’évaluer les performances agricoles. Il s’agit également du cadre dans lequel s’effectuent les paiements des salaires, les missions de terrain et l’acquisition des équipements nécessaires.
Enfin, à travers cette loi de finances, le gouvernement béninois affiche une vision claire. Celle de moderniser les systèmes de production, sécuriser la maîtrise de l’eau, développer les chaînes de valeur et renforcer l’élevage et l’aquaculture pour répondre durablement aux besoins alimentaires du pays. Les chiffres présentés par le ministre Dossouhoui traduisent une volonté affirmée de structurer un secteur agricole performant et résilient, véritable moteur de croissance économique et de stabilité sociale.


