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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

LUTTE BIOLOGIQUE ET AGROECOLOGIQUE AU BENIN : Regard croisé de deux experts nationaux

 LUTTE BIOLOGIQUE ET AGROECOLOGIQUE AU BENIN : Regard croisé de deux experts nationaux

L’agriculture biologique et écologique au Bénin bien qu’évoluant timidement ne laisse pas indifférent. Si certains pensent que le Bénin est encore loin de la réalité, d’autres pensent néanmoins que le tableau n’est pas sombre et que l’avenir présage bon augure. C’est le cas de deux experts dont les avis divergent sur la lutte pour l’agriculture biologique et écologique au Bénin.

Jean-Baptiste HONTONNOU

5 ans en arrière, un diagnostic pas totalement reluisant montrait que le visage de l’agriculture biologique et écologique au Bénin présente environ 1987 hectares de terres biologiques, équivalent à 0,06% de la superficie agricole nationale, 2355 producteurs et transformateurs biologiques et 9 exportateurs biologiques. Aujourd’hui, les chiffres semblent évoluer. En 2021, il faut dire que c’est 38 822 hectares qui sont consacrés à l’AEB soit 1 % de la superficie agricole toutes spéculations confondues. Certes une petite évolution obtenue, mais signifiante.

Alors, parlant de la lutte pour une transition vers l’agriculture biologique et écologique au Bénin, certains pensent que c’est du leurre. C’est le cas de Hervé Soura, Enseignant-chercheur en phytopathologie et physiologie végétale à l’université de Fada N’Gourma au Burkina Faso et  à l’université d’Abomey-Calavi. Il pense qu’en tant que « réaliste et homme du terrain, c’est une lutte réservée à ceux qui sont rassasiés ». Aujourd’hui, selon lui, « la lutte biologique demande des outils et techniques qui ne sont pas adaptées à notre contexte. Nous n’avons pas encore la formation nécessaire et les spécialistes pour aller vers l’agriculture biologique. On risque de ramener notre productivité 20ans en arrière avant de pouvoir trouver la solution », s’est-il désolé. Le spécialiste estime que ce sont des techniques qui coûtent extrêmement chères et peuvent être utilisées de façon individuelle mais pas encore à l’échelle nationale. « Pour des projets à long terme, on peut y réfléchir. À court terme, je pense qu’on doit penser à l’intensification agricole », a-t-il laissé entendre.

Mais de l’autre côté, le Professeur Simplice Vodouhè, un Expert Consultant qui a passé près de 30 ans de sa vie au service de l’agriculture biologique et écologique n’ira pas dans le même sens que lui. Certes il va reconnaitre que « très peu d’acteurs étaient impliqués dans la promotion de l’agriculture écologique et biologique, mais aujourd’hui, beaucoup sont engagés à défendre la cause et beaucoup de personnes s’engagent aussi à consommer biologique ». Donc, pour lui, c’est déjà « fantastique » et il en est « très content ». Une preuve palpable est ces milliers de producteurs qui aujourd’hui, à travers les projets tel que KCOA et les accompagnements du PADMAR/ProCaR, du ProSOL/GiZ, du ProSilience/GIZ et du PACOFIDE etc., s’illustrent dans la production et la transformation des produits bio au Bénin. « Nous assistons de plus en plus à une transformation de l’agriculture conventionnelle qui ne peut plus se faire qu’en combinant avec les technologies développées dans l’agriculture biologique », a-t-il conclu.

Ainsi, l’agriculture biologique et écologique fait son petit bonhomme de chemin au Bénin et nécessite une volonté politique beaucoup accrue pour son vrai décollage.

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