Abomey-Calavi
Editorial

Promotion du consommons locale, joignons l’acte à la parole

Aujourd’hui le monde rural représente plus de 80% de la population béninoise mais la société s’urbanise progressivement. Cette tendance et les évolutions inéluctables qu’elle engendre (changement de modes de consommation, hausse du niveau de vie) constituent des opportunités intéressantes si cette demande économique est connectée à une offre agroalimentaire nationale et locale. Ainsi, une politique de décentralisation intelligente, qui appuierait le développement des villes secondaires, offrirait de nouveaux débouchés à une agriculture familiale de type commerciale, renforçant ainsi son rôle de pourvoyeur d’emplois viables et rémunérateurs pour les jeunes. Si l’Etat prenait d’avantage la résolution de développer des PME autour des produits locaux et de mettre en place un cadre favorable à leur promotion, le « consommons local » tant prôné depuis les années 90 serait dans les habitudes des béninois.

Cependant, malgré les années les béninois continuent d’importer leur nourriture délaissant de ce fait la production locale à qui ils reprochent souvent la mauvaise présentation, la qualité, le goût, le prix, etc… Ces critiques deviennent plus acerbes aujourd’hui malgré les efforts consentis par les jeunes promoteurs qui s’investissent dans l’agro business et la promotion du made in Bénin. Pour preuve, le riz béninois pourtant de bonne qualité, très nutritif, pas cher est délaissé au profit des riz importés. Par ailleurs, l’ananas du plateau d’Allada très prisée à cause de sa qualité, pourrit parfois dans les paniers des bonnes dames de Sèhouè faute de transformation ; pendant ce temps les jus venus d’Europe envahissent nos supermarchés.

Chaque année, du fait de l’importation des aliments, les béninois exportent des centaines de milliards de nos francs qui auraient servi à améliorer la production locale et à moderniser les entreprises agroalimentaires. Pour se rendre à l’évidence, lorsque nous importons une tonne de poulet congelé dans notre pays, nous importons par ricochet plusieurs tonnes de maïs car l’aliment de base des volailles restent le maïs. Sans doute on peut déjà estimer les manques à gagner pour les acteurs de la chaîne de valeur maïs au Bénin.

Ce comportement des béninois laisse croire que le VENU D’AILLEURS est de bonne qualité. Beaucoup se rendent à l’évidence que la réalité est toute autre. Qui peut résister devant les jus de fruits mis en bouteille par les jeunes béninois qui devrait constituer le menu des pauses café et déjeuner lors des ateliers et des grandes manifestations au Bénin. Cela participe également à la valorisation de la destination Bénin aux visiteurs. Si nous voulons réduire le chômage dans notre pays ayant le bon réflexe « tous pour le consommons local, le consommons local pour tous ».

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