Le PIR 3M pour relancer la filière riz
Madagascar mise sur le PIR 3M pour booster la production de riz, réduire les importations et stimuler l’économie rurale. L’objectif est d’augmenter la production de riz afin d’assurer la souveraineté alimentaire et de dynamiser l’économie rurale.
Madagascar ambitionne de retrouver, d’ici trois ans, son statut d’exportateur net de riz grâce au PIR 3M (Projet à impact rapide). Cette initiative vise à renforcer la souveraineté alimentaire du pays et à générer plus de 500 000 tonnes de riz exportables par an, à condition d’une mise en œuvre efficace et coordonnée.
Le riz au Madagascar
Bien que Madagascar figure parmi les trois plus grands producteurs de riz d’Afrique, aux côtés du Nigeria et de l’Égypte, le pays peine encore à couvrir sa consommation intérieure. Le riz demeure l’aliment de base des Malgaches et constitue un pilier économique essentiel pour des millions de ménages ruraux.
L’importation de riz à Madagascar s’explique par plusieurs facteurs. La consommation moyenne atteint en effet 153,5 kg par habitant et par an, selon le FMI, plaçant le pays au cinquième rang mondial. Cependant, la production n’augmente que de 2 % par an, tandis que la population croît de 3 % par an, générant un déficit constant et un recours fréquent aux importations.
D’après le site Zinfos, le dernier Indice mondial de la faim (Global Hunger Index – GHI) 2025 classe Madagascar parmi les sept pays au monde où la faim demeure « alarmante », le positionnant au 120ᵉ rang sur 123 pays. À titre de rappel, près de 40 % des Malgaches souffrent de malnutrition.
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Le gouvernement mise donc sur le riz hybride, dont le rendement peut atteindre 8,5 tonnes par hectare, contre seulement 2,75 tonnes actuellement, pour remédier à cette situation. Le projet de loi de finances prévoit à cet effet 573 milliards d’ariarys, soit 110 millions d’euros, pour l’achat de semences hybrides destinées aux producteurs afin de soutenir le renforcement de la production nationale.
Plusieurs domaines concernés
Le PIR 3M s’articule autour de plusieurs axes stratégiques. Il s’agit notamment de la gestion de l’eau, de l’intensification agricole et du développement économique local, avec la sécurisation de l’eau comme pierre angulaire. Le projet prévoit la mise en place de forages à effet Venturi, l’exploitation de nappes captives, la construction de bassins de rétention et la valorisation des eaux pluviales. Ces mesures visent à atténuer les impacts du changement climatique et à garantir une production stable et durable.
La réhabilitation des rizières et des canaux doit permettre d’assurer deux à trois cycles culturaux par an, augmentant ainsi les rendements et la productivité. Le projet met également l’accent sur la résilience face aux aléas climatiques. Les semences locales adaptées, les engrais organiques malgaches et les traitements phytosanitaires naturels sont privilégiés. Ces solutions techniques, à la fois sobres et durables, cherchent à stimuler rapidement la croissance de la production rizicole.
Le projet prévoit également de diversifier l’agriculture et de générer davantage de valeur ajoutée, notamment à travers le développement du manioc à cycle court, l’élevage local, la transformation agroalimentaire, la production d’huile pressée à froid et le recyclage des plastiques pour la construction des routes.
Par ailleurs, la mise en œuvre du PIR 3M dépend désormais des démarches administratives et des autorisations nécessaires, dans un contexte où le renforcement de la production de riz et la souveraineté alimentaire constituent un enjeu stratégique pour Madagascar.
Aboubakar FAÏSSAL


