SANTÉ MONDIALE EN PÉRIL

Avec un déficit de 660 millions de dollars, l’Organisation mondiale de la santé traverse une période financière critique. Cette impasse fragilise les priorités sanitaires mondiales et contraint l’institution à revoir son budget, son organisation interne et ses capacités d’intervention.

Un gouffre de 660 millions de dollars menace les urgences sanitaires de l’OMS

Avec un déficit de 660 millions de dollars, l’Organisation mondiale de la santé traverse une période financière critique. Cette impasse fragilise les priorités sanitaires mondiales et contraint l’institution à revoir son budget, son organisation interne et ses capacités d’intervention.

Avec un déficit de 660 millions de dollars, l’Organisation mondiale de la santé traverse une période financière critique. Cette impasse fragilise les priorités sanitaires mondiales et contraint l’institution à revoir son budget, son organisation interne et ses capacités d’intervention.

Ce manque à gagner constitue aujourd’hui le principal défi auquel fait face l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La situation a été clairement exposée lors de l’ouverture de la 156e session du Conseil exécutif, le 28 janvier 2026 à Genève. La réduction des contributions volontaires a plongé l’institution dans un contexte financier délétère, limitant sa capacité à répondre efficacement aux urgences sanitaires.

Les raisons de ce déficit budgétaire

Selon le Directeur général de l’agence, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ce trou budgétaire s’explique en grande partie par la nature même des financements reçus. La majorité des contributions volontaires restent strictement fléchées vers des projets spécifiques. Cette configuration prive plusieurs secteurs stratégiques de ressources suffisantes. La préparation aux situations d’urgence, la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, le financement des systèmes de santé ou encore la résilience face au changement climatique figurent parmi les domaines les plus durement touchés par cette pénurie.

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La pression s’est accentuée dans un contexte international défavorable, marqué notamment par le retrait officiel des États-Unis. Cette décision intervient alors que l’OMS traverse l’une des années les plus éprouvantes de son histoire. La dégradation continue de l’aide internationale a contraint l’organisation à revoir à la baisse son budget biennal 2026-2027. Initialement fixé à 5,3 milliards de dollars, l’enveloppe a été ramenée à 4,9 milliards, puis réduite à 4,2 milliards, conséquence directe de cette contraction financière.

Une réorganisation interne pour pallier au problème

Face à cette réalité, l’OMS a engagé un processus de réorganisation interne à marche forcée. Des départements ont fusionné, certaines fonctions ont été délocalisées et les priorités recentrées. Sans ces ajustements, près de 3 000 emplois auraient été supprimés. Grâce à ces mesures, le nombre de postes concernés a été limité à 1 241, principalement via des départs à la retraite, des mesures volontaires et des départs naturels. Par ailleurs, environ 600 postes ont pu être sauvés grâce à l’augmentation des contributions obligatoires des États membres.

Au-delà de la structure interne, la crise menace également les actions de prévention, notamment dans le domaine des maladies non transmissibles liées à l’alimentation. L’agence alerte sur la consommation excessive d’aliments ultra-transformés (riches en sucre, sel et graisses saturées), associés aux maladies cardiovasculaires, au diabète et à l’obésité. Ces produits devraient être évités au profit d’alternatives plus saines comme les céréales complètes, les fruits et légumes frais, les légumineuses et les huiles végétales non raffinées.

Confrontée à ces défis, l’Organisation appelle à un financement plus prévisible et de meilleure qualité. Ce déficit record apparaît comme un signal fort en faveur d’une réforme profonde, visant à construire une OMS plus agile, plus efficace et capable de protéger durablement la santé mondiale face aux crises actuelles et futures.

Innocent AGBOESSI

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