SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN AFRIQUE

86 millions $ mobilisés pour renforcer l’agroalimentaire

La société de gestion de fonds Phatisa, basée à Maurice, a levé 86 millions de dollars lors du premier closing de son troisième fonds dédié à l’agroalimentaire : le Phatisa Food Fund 3 (PFF3). Annoncé le 9 février 2026, ce financement vise à muscler la chaîne de valeur alimentaire sur l’ensemble du continent.

La société de gestion de fonds Phatisa, basée à Maurice, a levé 86 millions de dollars lors du premier closing de son troisième fonds dédié à l’agroalimentaire : le Phatisa Food Fund 3 (PFF3). Annoncé le 9 février 2026, ce financement vise à muscler la chaîne de valeur alimentaire sur l’ensemble du continent.

L’Afrique est confrontée à une dépendance massive aux importations. Selon l’Agence Ecofin, citant la société Phatisa, « l’Afrique reste fortement dépendante des importations alimentaires, avec des dépenses annuelles estimées à 43 milliards de dollars, susceptibles d’atteindre 110 milliards $ d’ici 2030 ».

Dans ce contexte, la productivité et la résilience des systèmes alimentaires sont freinées par les pertes post-récolte et l’accès restreint au financement. Comme le souligne l’Agence Ecofin : « Les pertes post-récolte, l’inefficacité des chaînes d’approvisionnement et l’accès limité au financement pour les PME du secteur continuent de freiner la productivité du continent ». Ce constat explique pourquoi le soutien aux petites et moyennes entreprises est devenu une priorité absolue pour améliorer la sécurité alimentaire.

Un levier stratégique pour le continent

Pour répondre à ces défis, Phatisa a officialisé, le lundi 9 février 2026, le premier bouclage financier de son nouveau fonds à hauteur de 86 millions de dollars. Ce chiffre marque le démarrage concret des engagements. Baptisé Phatisa Food Fund 3 (PFF3), ce véhicule d’investissement « vise à lever progressivement jusqu’à 300 millions de dollars au cours des douze prochains mois auprès d’investisseurs institutionnels et de financeurs du développement », illustrant ainsi une forte ambition de mobilisation de ressources.

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Le fonds cible spécifiquement les entreprises de la chaîne alimentaire, en excluant toutefois la production agricole primaire. Selon la même source, l’investissement s’orientera vers « les intrants agricoles (semences, produits phytosanitaires, engrais) ainsi que vers les activités en aval, notamment la transformation, la chaîne du froid, le stockage, la logistique et la distribution ». Cette approche globale vise à agir sur tous les maillons pour stabiliser l’offre alimentaire.

Une entrée en action immédiate

La première opération du fonds illustre déjà cette stratégie. Parallèlement au lancement, Phatisa a signé son premier accord d’investissement avec le Groupe Zaad, une plateforme spécialisée dans les semences et les produits phytosanitaires. Ce partenariat montre une volonté d’agir directement sur les intrants essentiels à la production.

À travers le PFF3, Phatisa entend rendre les systèmes alimentaires africains plus productifs et résilients. Face à la dépendance aux importations et au manque de financement des PME, ce fonds se positionne comme un acteur clé de la transformation, de la logistique jusqu’aux services liés à la commercialisation des denrées.

Mystéria ALLAHIZI

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