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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

TECHNIQUES DE CONDUITE DE POULETS LOCAUX

 TECHNIQUES DE CONDUITE DE POULETS LOCAUX

« Malgré que ce sont des volailles locales, il faut respecter les normes », Modeste DAYATO

L’élevage de volaille locale est une activité très économique mais qui nécessite le respect de certaines règles et la mise en pratique de certaines méthodes. Avec Modeste Dayato, Président de l’association Nationale des aviculteurs du Bénin, découvrons les normes permettant aux éleveurs d’avoir un bon résultat au bout de leur production.

Modeste DAYATO, Président de l’association Nationale des aviculteurs du Bénin

Quelle est la particularité de la volaille locale par rapport aux autres types ?

Tout le monde connaît la particularité de la volaille locale. C’est déjà la tendreté de la viande. Quand on le prend, elle est plus résistante aux maladies aviaires et sa particularité est qu’elle a aussi une croissance moins rapide que les autres.

Pouvez-vous nous citer les techniques de conduite des volailles locales ?

Pour qu’un éleveur arrive à bien conduire ces volailles locales, il faut qu’il ait une idée de comment identifier un bon site d’élevage et comment construire son bâtiment. Malgré que ce soient des volailles locales, il faut respecter les normes et veiller sur les matériels qui doivent être utilisés parce que cela joue un rôle important dans les résultats à obtenir. Il est important de savoir comment réceptionner et conduire un poussin puisqu’un poussin mal démarré ne va pas aboutir à un poulet en bonne forme. Aussi, la question de la biosécurité est-elle principale pour empêcher les maladies de s’installer dans les élevages et d’y demeurer. La prophylaxie sanitaire également permet aux éleveurs d’adopter des pratiques au cas où la maladie s’installe dans les élevages. Cela leur permet de faciliter la gestion de traitement des sujets atteints par des agents pathogènes. S’en suit l’alimentation puisque les différents stats-physiologiques des animaux ont besoin des aliments spécifiques qui répondent à leur besoin. En ce qui concerne la reproduction, il faut savoir comment identifier les bons reproducteurs, comment les garder, combien de mâle pour tel nombre de femelles. La gestion des maladies et la gestion économique d’une exploitation permettrait aux éleveurs d’avoir une idée claire sur le coût de production de leur activité.

Comment se fait le choix de l’emplacement ?

Le choix de l’emplacement n’est pas difficile. Il faut juste avoir une idée sur les critères d’identification. Ces critères, on peut les résumer en 5 points. Le premier est l’accès facile. Il faut que le lieu d’implantation d’une ferme puisse être accessible facilement. Il faut aussi l’accessibilité d’une source d’eau à proximité car les animaux boivent beaucoup. Pendant la saison des pluies, il faut essayer de voir si le milieu est hydromorphe. Aussi, faut- il voir si le terrain qui veut abriter l’élevage n’est pas sur une pente importante, car il faut un terrain relativement plat pour abriter l’élevage. Pour finir, il faut éviter de s’installer dans un milieu où il y a beaucoup de bruit.

Quelles sont les conditions ou les critères que l’on doit respecter pour construire un habitat pour ces poulets locaux ?

Comme chez l’homme, la construction de nos habitats a des normes. Primo, il est important de bien orienter son bâtiment. Il suffit juste de savoir là où se lève le soleil et là où il se couche. De là, le bâtiment est bien orienté pour lutter contre quelques intempéries et aussi faciliter la ventilation du bâtiment parce que quand vous orientez bien, le bâtiment est perpendiculaire au grand vent et ça permet de balayer les chaleurs et permettre aux animaux d’avoir un peu plus de fraîcheur pour la bonne marche de l’élevage.

En ce qui concerne les matériels, faut-il des matériels modernes ou traditionnels pour les volailles locales ?

L’essentiel est de connaître les normes. Cela étant, on peut toujours s’arranger pour utiliser les matériels locaux parce qu’aujourd’hui nous n’avons pas encore de grand cheptel de volaille locale. Donc, on peut toujours utiliser les matériaux locaux. Pour les bâtiments, il n’est pas question d’utiliser des briques, du ciment, l’on peut utiliser les bois. L’essentiel est que le bâtiment soit bien orienté et que ça respecte les autres normes de construction. C’est pareil pour les équipements de l’élevage, il n’est pas question d’aller acheter que des matériaux modernes. L’essentiel est de savoir ce qu’on fait des équipements et quel est le rôle de ces équipements.

En ce qui concerne la réception et la conduite des poussins, quelles sont les conditions dans lesquelles cela peut se faire ?

Avant de prendre les poussins, il faut respecter les principes de vide sanitaire. C’est un principe qui permet de rompre le cycle des agents pathogènes qui sont restés dans les bâtiments. Donc, on désinfecte le bâtiment, on laisse le bâtiment au repos de 21 à 30 jours. Juste à l’arrivée, il faut encore désinfecter le bâtiment pour s’assurer que s’il en restait encore quelques agents, cette dernière désinfection puisse les tuer et rendre le bâtiment simple pour accueillir les poussins. C’est d’ailleurs pour ça qu’on insiste vraiment sur cette règle de bio sécurité pour que le bâtiment qui doit les accueillir soit véritablement simple. Juste après cette étape, il faut savoir comment on démarre les poussins. Pour assure cette étape, il faut une bonne température dans le bâtiment. Il faut aussi revoir quel type d’aliment donner à ses sujets et comment leur donner l’aliment.

Comment l’on peut-il respecter les règles de biosécurité qui sont très fondamentales pour l’élevage ?

Un élevage sans biosécurité est un élevage qui est laissé ouvert à tout agent pathogène. Il faut juste être rigoureux sur certains principes, comme la sécurité du bâtiment et la restriction à tout accès. Toute personne qui doit entrer dans le bâtiment doit être désinfecté. Ce sont quelques notions importantes pour permettre aux éleveurs de régler certains problèmes auxquels ils sont confrontés.

Quel est le comportement adéquat que doit adopter les éleveurs ?

Il est recommandé que chaque éleveur puisse avoir un vétérinaire qui l’accompagne dans tout ce qu’il fait et qui le conseille. Seul le vétérinaire est celui qui s’y connaît mieux et qui peut conseiller l’éleveur en temps réel. C’est donc souhaitable que l’éleveur puisse avoir un agent qui le guide dans ses choix et intervient quand il le faut.

Qu’en est-il de la gestion économique d’une exploitation agricole ?

C’est important d’attirer l’attention des éleveurs sur la gestion économique de leur exploitation. La plupart des éleveurs de volailles locales ne tiennent pas une comptabilité de suivi pour qu’on puisse savoir s’il y a un problème ou pas. C’est très important, car quand vous faites appel à un vétérinaire par exemple, vous deviez lui rendre compte de tout ce qui s’est passé avec l’animal. Cela va lui permettre de mieux faire son diagnostic et de savoir ce qu’il faut faire pour aider l’animal malade.

Mais il y a un autre aspect que les éleveurs ne voient pas. C’est à combien le projet doit être vendu, car l’on produit pour vendre et pour rentabiliser. Et c’est en enregistrant les données d’élevage qu’on arrive à calculer le coût de production. On le fait en intégrant les cours qui sont liés à la production et à la fin, on voit à combien revient l’unité.

Un conseil aux éleveurs en fin d’année

D’abord, je voudrais dire que si vous n’avez pas une version simplifiée de votre exploitation, vous ne pouvez pas accéder au service financier parce que le financier ne vous octroie pas de crédit, il vous demande des preuves et si vous n’avez pas ces documents, vous ne pouvez pas exhiber vos preuves. Par rapport au fait de fin d’année, j’invite les éleveurs à faire de très bonnes affaires parce que c’est la période où nous vendons beaucoup plus.

Propos transcris par Arsène SALANON

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