Le message est très clair : le karité profiterait davantage aux Béninois s’il était transformé là où il est produit. Désormais, pour exporter les amandes de karité du Bénin, il faudra débourser 165 FCFA par kilogramme. C’est la redevance fixée pour la campagne de commercialisation 2025-2026, ouverte le mercredi 13 août et qui se poursuivra jusqu’au 31 mai 2026. Une mesure qui s’annonce tonitruante pour certains et prometteuse pour d’autres.
Les manufacturiers locaux jubilent. Pour eux, cette « mesure Assouman-Dossouhoui » représente une véritable bouffée d’oxygène. Elle va dissuader l’exportation brute et encourager la transformation locale. Transformer plus, c’est créer plus d’emplois, plus de valeur ajoutée, plus de revenus fiscaux pour l’État. Le Bénin veut, à travers cette décision, tourner la page d’un schéma avec lequel ses richesses partaient brutes, sans qu’il n’en récolte les dividendes économiques réels.
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Mais, au-delà de l’euphorie des transformateurs, une question demeure : les producteurs seront-ils suffisamment accompagnés pour que cette mesure ne se transforme pas en double peine ? Car si le prix à l’exportation chute, il faudra garantir aux paysans un marché local dynamique et bien rémunérateur. Sans cela, la redevance, si louable soit-elle, risque de peser plus lourd sur les épaules des petits producteurs que sur celles des gros exportateurs.
Le cap est bon. Encore faut-il que l’État, les coopératives et le secteur privé marchent ensemble pour que le karité, enfin, profite pleinement aux Béninois.
Jean-Baptiste HONTONNOU