L’Afrique mise sur la coopération transfrontalière
La 9ᵉ session du Réseau Africain des Organismes de Bassin (RAOB), tenue à Dakar, a rassemblé les principaux acteurs africains de l’eau. Lors de cette rencontre stratégique, la coopération transfrontalière a été mise en avant comme un levier essentiel pour faire face aux impacts du changement climatique sur les bassins partagés du continent. Confrontée à des ressources hydriques fragilisées par les bouleversements climatiques, l’Afrique mise ainsi sur la coopération pour protéger durablement ses bassins transfrontaliers.
Face à des pressions inédites et multiples, les acteurs réunis à Dakar soulignent qu’une action collective et coordonnée est la seule voie pour protéger durablement ces bassins partagés, véritables artères de vie pour des millions de personnes. « La gestion de l’eau en Afrique ne peut se concevoir qu’à travers le prisme de la coopération, de la vision stratégique et de l’engagement collectif », a déclaré Baboucar Mboundor Ngom, Secrétaire général du ministère sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Selon lui, il est de leur responsabilité de protéger les ressources en eau, de renforcer la résilience des territoires et surtout d’assurer aux générations futures un héritage environnemental digne de leurs attentes.
Selon lui, les bassins transfrontaliers, qui façonnent une grande partie de la géographie hydrologique africaine, nécessitent une responsabilité partagée et représentent une opportunité unique de renforcer l’intégration régionale, la stabilité et le développement durable du continent. Des points de vue repris par la Présidente du RAOB, Florence Grace Adongo, pour qui la coopération autour de l’eau transfrontalière favorise la diplomatie, la paix et la sécurité, tout en soutenant une croissance inclusive, durable et innovante. Elle a rappelé la conviction fondatrice du réseau, créée à Dakar en 2002 : « la coopération fonctionne. »
Des pressions hydroclimatiques grandissantes !
Lors de cette rencontre, les participants ont dépassé la seule question de la coopération pour dresser un constat partagé de l’urgence climatique. L’Afrique fait face à des défis hydroclimatiques d’une ampleur inédite.
Selon l’Agence Africaine de Presse, ils ont souligné que le changement climatique, la pression démographique, les transformations socio-économiques et les tensions croissantes autour des différents usages de l’eau mettent en évidence la fragilité des bassins hydrographiques du continent. Les intervenants ont également insisté sur le fait que ces eaux partagées subissent aujourd’hui des pressions sans précédent, soulignant le rôle plus que jamais stratégique et pertinent des organismes de bassin dans ce contexte.
Nécessité d’une adaptation climatique !
Face à cette situation, l’adaptation au changement climatique devient un axe central des travaux du réseau. Selon Eric Tardieu, Secrétaire général du Réseau international des organismes de bassin (RIOB), les organismes de bassin et la planification à cette échelle constituent des espaces clés pour intégrer l’adaptation au changement climatique dans les stratégies, les réflexions sur les infrastructures et les priorités d’action.
Selon lui, le RIOB et le RAOB peuvent poursuivre leur mission en montrant le rôle et l’efficacité des organismes de bassin dans l’adaptation au changement climatique, rappelant qu’il n’y a pas de sécurité hydrique sans sécurité écologique, ni de sécurité écologique sans sécurité hydrique. À cela s’ajoutent l’appui à la préparation et à l’accès aux financements climatiques, la garantie d’une disponibilité durable de la ressource en eau et l’accès équitable à l’eau pour toutes les populations.
Il convient de souligner que la session doit approuver le plan d’actions stratégique 2026-2035 du RAOB, conçu en cohérence avec la vision africaine de l’eau 2063 et les cadres mondiaux, notamment les objectifs de développement durable et l’Accord de Paris.
Aboubakar FAÏSSAL


