Le CIRAD et les acteurs de l’agroécologie capitalisent les acquis
Ce mardi 24 juin 2025, s’est tenu à Bénin Royal Hôtel de Cotonou, l’atelier final du projet Mécanisation et travail dans les transitions agroécologiques (MecaWAT). Cet atelier de capitalisation qui a réuni les parties prenantes venues des trois pays bénéficiaires du projet, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Ghana pour but de présenter les résultats obtenus, d’analyser les leçons apprises, d’identifier les bonnes pratiques et de faire le point sur les défis rencontrés au cours de la mise en œuvre.
Porté par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, le projet MecaWAT vise à promouvoir la mécanisation adaptée des pratiques agroécologiques, tout en assurant une inclusion active des jeunes et des femmes dans le processus de transition. « Il porte sur les enjeux de la mécanisation et du travail dans les transitions agroécologiques », a fait savoir Pauline Pugeaux, Co-coordinatrice du projet MecaWAT.
Pour Guillaume Da, Attaché de Coopération Ambassade de France, l’atelier final du projet MecaWAT marque une étape importante d’un projet financé par le Fonds Équipe France et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. « Ce projet vise à co-construire et à accompagner des partenariats autour des enjeux liés à la mécanisation et à la transition écologique. Cet atelier ne constitue pas seulement un moment de bilan ; il offre également l’opportunité de tracer des perspectives pour l’avenir. Il est désormais essentiel de capitaliser sur les résultats obtenus tout au long de la mise en œuvre du projet, » a-t-il précisé.
Mis en œuvre depuis 2023, ce projet a su conjuguer recherche, co-innovation, expérimentation participative et renforcement des capacités. Il a permis, de manière inédite, de mobiliser autour de trois grands axes l’ensemble des parties prenantes chercheurs, artisans, utilisateurs, formateurs, acteurs privés et décideurs publics afin de faire émerger des solutions locales viables, accessibles et adaptées aux réalités du terrain. Selon Teatske Bakker, Coordinatrice du projet MecaWAT, le premier axe consiste à collecter des données sur l’organisation du travail agricole.
« À ce niveau, nous disposons désormais de résultats significatifs concernant le fonctionnement des exploitations, les différents profils de travailleurs et les tâches qu’ils accomplissent ». Elle poursuit en précisant que : « Le deuxième axe a porté sur la co-conception et le test d’équipements mécanisés ou motorisés, notamment dans la production de bananes plantains et en zone cotonnière. Plusieurs prototypes ont été expérimentés en collaboration avec les agriculteurs et sont encore en cours d’amélioration. »
Le troisième axe, a-t-elle ajouté, vise à renforcer les interactions entre les acteurs impliqués dans la mécanisation agricole. Sur ce plan, nous avons mis en place deux plateformes d’innovation, l’une au nord du Bénin et l’autre au Ghana, qui réunissent les différents acteurs de la filière.
Après plusieurs mois de mise en œuvre, les résultats sont déjà palpables dans les trois pays, à travers les composantes clés développées dans le cadre du projet. Les résultats témoignent des avancées concrètes en matière de pratiques agricoles durables, de renforcement des capacités locales et de création d’opportunités pour les jeunes ruraux. Mais si capitaliser les acquis est un enjeu majeur, les pérenniser en est un autre. C’est tout l’enjeu des discussions tenues lors de cet atelier final.
C’est pourquoi à sa prise de parole pour lancer officiellement les travaux, le Sécrétaire général adjoint du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Yao Maxime Gounse a salué quelques résultats majeurs obtenus notamment la co-conception d’équipements adaptés aux réalités des exploitations familiales ; la création de plateformes multi-acteurs, véritables espaces de dialogue entre chercheurs, utilisateurs et fabricants, identifiées comme des outils essentiels à pérenniser.
Si la capitalisation des résultats est cruciale, leur pérennisation reste un défi majeur. Les discussions tenues lors de l’atelier ont porté sur les stratégies de maintien et de renforcement des acquis au-delà du financement initial. Des pistes sont en cours d’exploration pour prolonger les dynamiques enclenchées, notamment par la poursuite des plateformes multi-acteurs et le développement de nouvelles collaborations de recherche.
Les activités du projet MecaWAT se poursuivront jusqu’en mars 2026, avec la ferme intention de maintenir l’élan de transformation impulsé dans les trois pays partenaires.
Justin ADANDE