Les clés pour la réussite d’une campagne 2025-2026 au Bénin
La campagne 2025-2026 de la filière soja s’annonce prometteuse au Bénin. Mais, pour transformer cet élan en réussite durable, les acteurs sont appelés à un strict respect des règles encadrant le transport et la commercialisation de cette matière première stratégique.
Réunis le jeudi 22 janvier à Djougou, à la direction régionale des Douanes et Droits indirects de l’Atacora-Donga, les transporteurs et leurs groupements ont pris part à une séance de sensibilisation sur la lutte contre la sortie frauduleuse du soja du territoire national. Initiée conjointement par l’Interprofession du soja du Bénin et l’administration douanière, la rencontre visait à rappeler les exigences réglementaires et à renforcer la collaboration entre les maillons de la chaîne de valeur.
Rappel des exigences réglementaires
Les acteurs ont échangé autour de plusieurs sujets, notamment le respect des horaires et des zones de circulation des camions transportant le soja. Selon les prescriptions en vigueur, la circulation est autorisée de 7 heures à 18 heures. Passé ce délai, les véhicules doivent impérativement être stationnés dans des zones sécurisées. « Toute zone située à proximité de la frontière est considérée comme zone à risque », a précisé Laurent Parfait Mekou, chef du service régional de la lutte contre la fraude Atacora-Donga. Il a rappelé qu’un camion retrouvé à moins de cinquante kilomètres d’une frontière est susceptible d’être arraisonné.
Autre exigence rappelée à cette occasion : en cas de panne, les conducteurs doivent immédiatement informer les services compétents, particulièrement les commissariats ou les unités des douanes. « La seule manière d’être à l’abri des infractions est le respect strict des consignes », a-t-il insisté. Ces mesures, loin d’être contraignantes, visent à protéger la filière et à sécuriser l’approvisionnement des industries locales.
La sensibilisation par diverses autorités présentes
En effet, pour Noël Whannou, directeur régional des Douanes et Droits indirects de l’Atacora-Donga, la campagne 2025-2026 doit marquer un tournant qualitatif. Les avancées enregistrées lors des campagnes précédentes sont encourageantes, mais des insuffisances persistent. « La campagne 2025-2026 doit être placée sous le signe de l’anticipation, de la transparence et de la facilitation des échanges, dans le strict respect de la réglementation », a-t-il déclaré, plaidant pour un dialogue constant entre l’administration et les acteurs privés.
De son côté, le directeur départemental de l’Industrie et du Commerce, Hantarou Kpara a rappelé que le soja est devenu une matière première stratégique pour le développement industriel national. « Il faut que vous, transporteurs, collaboriez pour faire tourner les industries locales », a-t-il exhorté.
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Ensuite,le président de l’Interprofession du soja du Bénin, Djirila Afatiti, a replacé le débat dans une perspective plus large, celle de la souveraineté économique. Pour lui, aucun pays ne peut prétendre à un développement durable sans transformer ses propres ressources. « Si les produits sortent vers les pays voisins, comment le Bénin peut-il faire tourner ses industries à long terme ? », s’est-il interrogé. Il a rappelé que d’importantes ressources publiques ont été mobilisées pour soutenir les producteurs et structurer la filière. D’où la nécessité, selon lui, d’une responsabilité collective pour mettre fin aux pratiques illicites et privilégier la collaboration plutôt que la confrontation.
Les leviers déterminant la consolidation des performances de la campagne
Pourfinir, au-delà de la sensibilisation, plusieurs leviers apparaissent déterminants pour consolider les performances de la campagne 2025-2026 notamment le respect scrupuleux des horaires et des zones autorisées de circulation ; le signalement systématique des incidents aux autorités compétentes; le renforcement de la concertation entre transporteurs, douanes et interprofession ; l’engagement citoyen des acteurs pour privilégier l’approvisionnement des industries locales ; la tolérance zéro face aux sorties frauduleuses.
En prenant collectivement leurs responsabilités, les acteurs de la filière soja peuvent faire de cette campagne un modèle de discipline, de transparence et de patriotisme économique.
La réussite ne dépend pas seulement des volumes produits, mais surtout de la capacité à protéger, transformer et valoriser localement ce que le pays cultive.
Vignon Justin ADANDE


