TRANSFORMATION DE L’ANACARDE EN AFRIQUE DE L’OUEST

En 2025, le Ghana enregistre une hausse modérée de la transformation de l’anacarde, mais reste freiné par l’accès à la matière première et une régulation peu favorable aux transformateurs locaux.

La Côte d’Ivoire et le Bénin avancent, le Ghana encore à la traîne

La transformation de l’anacarde progresse en Afrique de l’Ouest, portée par des politiques publiques volontaristes en Côte d’Ivoire et au Bénin. En 2025, le Ghana enregistre une hausse modérée de la transformation de l’anacarde, mais reste freiné par l’accès à la matière première et une régulation peu favorable aux transformateurs locaux.

En 2025, le Ghana enregistre une hausse modérée de la transformation de l’anacarde, mais reste freiné par l’accès à la matière première et une régulation peu favorable aux transformateurs locaux.

La transformation de l’anacarde s’affirme comme un levier central de création de valeur ajoutée dans la filière ouest-africaine. En 2025, plusieurs pays producteurs ont amélioré leurs performances industrielles, avec des résultats inégaux selon les choix politiques et réglementaires. Ainsi, la Côte d’Ivoire et le Bénin consolident leur position, tandis que le Ghana peine à franchir un cap décisif.

La Côte d’Ivoire renforce sa filière grâce à la régulation

En Côte d’Ivoire, la transformation de l’anacarde bénéficie d’un dispositif réglementaire structurant. Abidjan a instauré une période exclusive réservée aux transformateurs locaux pendant les campagnes de commercialisation. Cette mesure vise à limiter temporairement les exportations de noix brutes afin d’assurer un approvisionnement suffisant aux unités industrielles nationales. Ainsi, cette politique a permis de renforcer les capacités de transformation, de stabiliser l’activité des usines et de favoriser la création d’emplois locaux. La transformation de l’anacarde devient ainsi un pilier de la stratégie industrielle ivoirienne.

Le Bénin mise sur l’industrialisation et la valeur ajoutée

Le Bénin adopte une orientation comparable en mettant l’accent sur la transformation de l’anacarde. Les autorités encouragent l’installation d’unités industrielles, facilitent l’accès au financement et encadrent davantage la commercialisation des noix brutes. Cette dynamique contribue à structurer la filière, à améliorer la qualité des produits transformés et à accroître la valeur ajoutée captée localement. La transformation de l’anacarde s’impose progressivement comme un moteur de développement économique et rural.

Le Ghana freiné par l’accès aux matières premières

Le Ghana reste en retrait sur ce segment. En 2025, environ 15 000 tonnes de noix de cajou auraient été transformées, soit une progression de 7 % par rapport à l’année précédente. Ce volume demeure inférieur au pic de 16 000 tonnes atteint au cours des cinq dernières années. L’industrie locale est confrontée à un accès limité à la matière première, largement orientée vers l’exportation sous forme brute, ainsi qu’à une régulation encore peu incitative pour la transformation de l’anacarde, contrairement aux cadres en vigueur en Côte d’Ivoire et au Bénin.

Lire aussi : NOIX DE CAJOU EN 2025 : La transformation en amandes bondit de 51 % en Afrique de l’Ouest

À l’échelle régionale, la hausse de la transformation de l’anacarde en 2025 renforce la création de valeur ajoutée dans la filière ouest-africaine. La transformation de l’anacarde favorise l’industrialisation locale, améliore les revenus agricoles et réduit la dépendance aux exportations de produits non transformés. Le principal enjeu reste le maintien de cette dynamique face aux défis structurels propres à chaque pays.

La transformation locale, un enjeu sanitaire et économique

La valorisation locale de l’anacarde s’inscrit également dans une logique de consommation plus saine. Les aliments ultra-transformés importés, riches en sucres ajoutés, en graisses hydrogénées et en additifs chimiques, sont à éviter. Les biscuits industriels, snacks sucrés et produits raffinés peuvent être remplacés par des amandes de cajou locales non salées, riches en protéines, fibres et acides gras bénéfiques. De même, les huiles raffinées importées gagnent à être substituées par des huiles végétales locales pressées à froid. Ces alternatives soutiennent directement la transformation de l’anacarde tout en contribuant à la santé publique.

La transformation de l’anacarde apparaît ainsi comme un enjeu économique, industriel et sanitaire majeur pour l’Afrique de l’Ouest. Les expériences ivoirienne et béninoise illustrent l’impact décisif d’une régulation adaptée sur le développement durable de la filière.

 

Innocent AGBOESSI

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