LEADERSHIP FÉMININ DANS UNE COOPÉRATIVE

Échouer au baccalauréat n’a pas freiné son ascension. De la coopérative de quartier aux courtes formations, Thérèse Kanlinssou a bâti un leadership féminin fondé sur le collectif, la rigueur et la transmission de la connaissance au service de l’autonomisation des femmes.

Thérèse Kanlinssou, du petit commerce à l’Ordre national du mérite agricole

Échouer au baccalauréat n’a pas freiné son ascension. De la coopérative de quartier aux courtes formations, Thérèse Kanlinssou a bâti un leadership féminin fondé sur le collectif, la rigueur et la transmission de la connaissance au service de l’autonomisation des femmes.

Échouer au baccalauréat n’a pas freiné son ascension. De la coopérative de quartier aux courtes formations, Thérèse Kanlinssou a bâti un leadership féminin fondé sur le collectif, la rigueur et la transmission de la connaissance au service de l’autonomisation des femmes.

Il y a des trajectoires que les diplômes ne racontent pas. Des parcours que les titres n’expliquent pas. Celui de Thérèse Kanlinssou appartient à cette catégorie. C’est un destin forgé dans l’épreuve et mis au service des autres. Présidente départementale de l’ANaF Bénin dans le Littoral, transformatrice de produits agricoles, formatrice ou encore cadre de microfinance : les casquettes sont nombreuses.

Mais derrière cette énumération, il y a surtout une femme debout. Son histoire prouve que l’échec scolaire ne ferme pas la route et que les femmes peuvent diriger efficacement quand on leur en donne les moyens.

La force du collectif comme tremplin

Née à Cotonou, Thérèse Kanlinssou transforme très tôt son échec au baccalauréat en point de départ. Elle se lance dans le petit commerce au marché Tokpa, se forme en secrétariat et, soutenue par son époux, crée une première coopérative dans son quartier. En 1996, elle développe la coopérative féminine Mahuna, une initiative dont le succès lui vaudra l’admission dans l’Ordre national du mérite agricole dès 1999.

Cette même année, elle prend la gestion de la caisse « Kpèdétin » de l’association As-seF. L’an 2000 marque un tournant : sélectionnée par des experts, elle part se former à la gestion coopérative à l’Institut de l’Histadrout, en Israël. Forte de ces acquis, elle revient au pays et multiplie, dès 2003, les groupements féminins autour de Cotonou, posant les bases d’un modèle durable.

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Un impact concret sur le terrain

Au-delà des titres, Thérèse Kanlinssou bâtit des compétences. À la Comuba, dont elle fut la première employée, elle a formé près de 140 agents de crédit à travers le pays et façonné une vingtaine d’animateurs pour porter l’éducation financière au plus près des communautés.

Membre du Bureau national de l’ANaF Bénin, elle transforme ses réunions en actes. Elle a ouvert des guichets communautaires dans l’Ouémé, le Plateau, le Zou, le Mono et le Nord, offrant un accès réel au crédit à des centaines d’agricultrices. La preuve par les chiffres : en 2025, ce sont près de deux milliards de FCFA qui sont mobilisés à travers les partenariats de la coopérative Comuba avec l’État, au bénéfice des femmes sur tout le territoire.

Ce travail de fond a été salué. En novembre 2019, elle a été primée par l’ADAPAMI-Bénin pour ses performances en inclusion financière. Mais pour cette mère et épouse, l’essentiel est ailleurs. Consciente des sacrifices et des difficultés qui guettent les femmes, elle insiste sur la transmission.

À celles qui doutent, elle rappelle qu’il n’est jamais trop tard. Selon elle, abandonner la jeunesse, c’est laisser l’histoire s’arrêter. Thérèse Kanlinssou avance donc avec cette certitude qu’elle martèle avec assurance : « Mon histoire ne finira pas juste après mon départ ».

Aboubakar FAÏSSAL

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