Les experts proposent des pistes pour s’en sortir
La filière soja togolaise est plongée dans une crise profonde, entre baisse des prix, tensions entre acteurs et hausse des coûts de production. Experts et parties prenantes appellent à une mobilisation collective pour rétablir la stabilité du secteur.
La dérégulation des prix et les tensions persistantes entre les acteurs du marché ont précipité la filière soja togolaise dans une crise profonde. Face à cette situation préoccupante, experts et parties prenantes se mobilisent pour tenter de redresser le secteur, d’autant plus que les difficultés vont bien au-delà de la seule question de la fixation des prix.
À cet effet, les experts appellent à s’abstenir de tout acte susceptible de fragiliser davantage les modestes producteurs. Ils rappellent qu’entre 2016 et 2018, le prix bord champ oscillait entre 150 et 170 FCFA/kg. Selon leurs analyses, à Lomé, les achats s’effectuaient successivement à 220, 230, 250 puis 270 FCFA/kg, tandis que les prix à l’exportation demeuraient particulièrement attractifs.
Ils ont par ailleurs fait observer, selon le média Agridigitale, qu’à cette époque la filière profitait à la majorité des intervenants. Chaque camion livré pouvait dégager un bénéfice estimé à près de 1 500 000 FCFA, contribuant ainsi à la vitalité du secteur. Toujours selon la même source, la situation a évolué lorsque certains commerçants ont voulu préserver des marges constantes au moment où les producteurs commençaient à accéder directement au marché de Lomé.
Diverses situations au sein de la filière
La réorganisation des circuits de commercialisation a accentué les tensions au sein de la filière, provoquant des frictions entre les associations et les instances interprofessionnelles. Tandis que les commerçants ont exercé une pression à la baisse sur les prix, les producteurs ont réclamé une rémunération plus juste, alors que les exportateurs ont préféré observer les tendances du marché avant de s’engager. Cette conjoncture a fortement fragilisé l’équilibre du secteur.
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Toujours aussi attractive, la filière a vu affluer de nombreux opportunistes, souvent au détriment des agrégateurs sérieux qui poursuivent des investissements sur le long terme. En parallèle, les coûts liés au transport, aux intrants, à la manutention, au stockage ainsi que les charges financières ont fortement augmenté. De fait, les coûts de production se sont accrus aussi bien pour les producteurs que pour les commerçants.
Selon la même source, certains analystes déplorent qu’il soit demandé à un producteur qui vendait l’an passé à 250 FCFA/kg bord champ d’accepter aujourd’hui 150, voire 160 FCFA/kg, malgré les arguments avancés pour justifier cette baisse. « Le marché finira par se réguler lui-même, et les leçons tirées en 2025 doivent nous aider à agir différemment dans les prochaines campagnes », ont-ils souligné.
Face à cette situation, il revient désormais à tous les acteurs de la filière d’assumer leur rôle pour assurer une meilleure régulation des prix et un soutien durable aux producteurs.
Aboubakar FAÏSSAL


