VIE CHERE AU BENIN

À l’ouverture du Forum national du Conseil économique et social à Cotonou, Lionel Zinsou a défendu une stratégie centrée sur la productivité agricole pour améliorer durablement le pouvoir d’achat au Bénin.

Lionel Zinsou propose une stratégie centrée sur l’agriculture

À l’ouverture du Forum national du Conseil économique et social à Cotonou, Lionel Zinsou a défendu une stratégie centrée sur la productivité agricole pour améliorer durablement le pouvoir d’achat au Bénin. Selon lui, seule une transformation profonde du secteur permettra de concilier baisse des prix et hausse des revenus des producteurs.

À l’ouverture du Forum national du Conseil économique et social à Cotonou, Lionel Zinsou a défendu une stratégie centrée sur la productivité agricole pour améliorer durablement le pouvoir d’achat au Bénin.

Dans un contexte où le coût de la vie continue de peser sur les ménages béninois malgré une croissance économique soutenue, les travaux du Forum national du Conseil économique et social ont démarré mercredi 25 février à Cotonou autour du thème « Panier citoyen et bien-être ». Pendant deux jours, décideurs publics, acteurs du secteur privé, organisations de la société civile et experts examinent les solutions susceptibles de renforcer durablement le pouvoir d’achat.

La conférence inaugurale

Chargé de la conférence inaugurale, l’économiste et ancien Premier ministre béninois, Lionel Zinsou, a estimé que le débat public reste incomplet. Selon lui, l’attention se porte essentiellement sur les perceptions des consommateurs, sans intégrer suffisamment la réalité des producteurs. Il a appelé à une approche plus équilibrée, rappelant que l’amélioration du pouvoir d’achat passe aussi par une rémunération juste du travail agricole.

Pour Lionel Zinsou, la question de la vie chère ne doit pas se réduire aux accusations de spéculation ou aux effets de l’inflation mondiale. Il invite plutôt à s’attaquer aux causes structurelles, notamment à la faible productivité agricole qui limite l’offre locale et maintient les prix à un niveau élevé.

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Au cœur de son intervention, la productivité apparaît comme le levier central. Si les rendements agricoles progressent, explique-t-il, il devient possible de faire baisser les prix pour les consommateurs tout en augmentant les revenus des producteurs. À l’inverse, une faible productivité entretient la cherté des produits vivriers et fragilise le pouvoir d’achat des ménages.

La filière manioc

Prenant l’exemple du manioc, culture essentielle dans l’alimentation locale, il a souligné les marges de progression possibles. Dans certaines zones du sud du pays, les rendements moyens atteignent environ 8 tonnes à l’hectare en 18 mois. Avec une meilleure maîtrise de l’eau, l’irrigation et des techniques adaptées, ces rendements pourraient être fortement améliorés en un cycle plus court. Pour lui, ce potentiel représente un véritable réservoir de croissance et une opportunité concrète pour réduire le prix du gari tout en améliorant le revenu des producteurs.

Une telle transformation suppose cependant des conditions précises. Lionel Zinsou a insisté sur la nécessité d’un financement adapté du secteur agricole. L’accès au crédit, la modernisation des infrastructures d’irrigation et l’adoption de techniques plus performantes constituent, selon lui, des étapes indispensables pour renforcer la compétitivité de l’agriculture béninoise.

Il a également souligné l’importance d’une éducation et d’une formation adaptées aux réalités du terrain. Mieux formés, les producteurs pourront adopter des pratiques plus efficaces et durables, capables de soutenir la productivité sur le long terme.

Cette approche met en avant une vision intégrée du développement économique, où la productivité agricole devient un pilier stratégique pour réduire la vie chère et soutenir une croissance plus inclusive. À travers cette relecture des défis économiques du Bénin, l’économiste plaide pour des solutions structurelles plutôt que conjoncturelles.

Alors que les travaux du Forum se poursuivent, les recommandations issues des échanges pourraient orienter les politiques publiques dans les mois à venir, avec l’ambition de rapprocher les performances macroéconomiques de l’amélioration concrète du quotidien des ménages.

Innocent AGBOESSI

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