La côte d’ivoire lance l’initiative “Cacao Carbone+”
En Côte d’Ivoire, la filière café-cacao se tourne vers un avenir durable avec l’initiative “Cacao Carbone+”. Lancée pour structurer et valoriser les projets agroforestiers générateurs de crédit carbone, elle ambitionne de transformer des millions d’hectares de vergers, de renforcer les revenus des producteurs et de faire du pays une référence mondiale du cacao durable.
La filière café-cacao ivoirienne se lance dans un tournant durable avec “Cacao Carbone+”. Lancée ce jeudi 26 février par le Conseil du café-cacao, elle vise à structurer, sécuriser et valoriser les projets agroforestiers générateurs de crédit carbone. Présentée par Patricia Assamoi, directrice adjointe en charge de la Recherche et de la Lutte contre le changement climatique, cette initiative a été dévoilée lors du deuxième jour de la première assemblée plénière de la Plateforme nationale de coordination des initiatives d’agroforesterie et des projets carbone, organisée en partenariat avec le PNUD.
Une avancée stratégique pour allier développement durable et excellence de la filière cacao. L’initiative “Cacao Carbone+” entend mettre un terme à la dispersion des actions et au double comptage des crédits carbone. Son ambition est d’offrir à la filière un cadre transparent, crédible et structuré, en accord avec la réglementation nationale et les engagements climatiques internationaux de la Côte d’Ivoire, notamment ceux de l’Accord de Paris. «Il nous faut un cadre dans lequel nous allons construire ensemble toute cette dynamique de valorisation des efforts que nous faisons pour sauver aussi notre environnement», a-t-elle lancé.
L’initiative se décline également en priorités concrètes. Entre autres, la création d’un mécanisme national de gouvernance du carbone pour la filière, l’instauration d’un système solide de suivi et d’évaluation afin de garantir l’intégrité des données, et la mise en place d’un mécanisme équitable de partage des bénéfices.
Assurer la protection des droits des producteurs est au cœur de l’initiative. Comme le souligne Assamoi, ce sont leurs exploits agricoles qui génèrent le carbone, ce qui rend essentiel que les bénéfices supplémentaires issus de cette production leur reviennent équitablement.
L’ambition derrière cette initiative est de taille. Il s’agit de transformer 2,5 millions d’hectares de vergers en systèmes agroforestiers, avec la plantation d’environ 100 millions d’arbres, pour un potentiel carbone estimé à 250 millions de tonnes équivalent CO₂.
L’initiative vise aussi à renforcer la résilience climatique, booster la productivité des plantations, diversifier les revenus des petits producteurs et consolider le leadership mondial de la Côte d’Ivoire dans le cacao durable.
Les défis à relever
Si ambitieuse soit-elle, l’initiative “Cacao Carbone+” n’échappe pas aux défis. Sa mise en œuvre devra en effet composer avec des obstacles complexes, tant techniques que réglementaires, qui pourraient influencer son efficacité et sa crédibilité. Il s’agit du risque de double comptage, la volatilité des prix du carbone, la complexité du suivi à grande échelle dont la géolocalisation et la traçabilité, ainsi que le flou persistant sur les droits de propriété du carbone.
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La mise en œuvre va se derouler par étapes. D’abord, une phase préparatoire consacrée aux études et à la concertation, puis une phase pilote de trois ans, avant un déploiement à grande échelle sur huit ans, garantissant la durabilité de l’initiative. Un groupe d’experts restreint est déjà chargé de tracer la feuille de route et de proposer les mécanismes opérationnels.
Il convient de souligner que “Cacao Carbone+” se donne pour ambition de devenir la référence mondiale en matière de carbone dans la filière café-cacao, tout en assurant transparence, crédibilité internationale et retombées concrètes pour les 750 000 producteurs concernés.
Aboubakar FAÏSSAL


