Le Sénégal investit dans la production locale de semences
Le Sénégal intensifie ses efforts pour atteindre l’autosuffisance en semences de pommes de terre. Il mise, à cet effet, sur les laboratoires locaux, le soutien aux chercheurs et l’appui technique de la Corée du Sud.
Le gouvernement sénégalais affiche sa volonté de renforcer ses investissements dans les laboratoires et le soutien aux chercheurs. À en croire le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, cette dynamique vise à assurer une production suffisante de semences certifiées de pommes de terre, afin de couvrir les besoins nationaux et répondre efficacement à la demande intérieure.
L’autorité ministérielle a affirmé la conviction du gouvernement selon laquelle la souveraineté alimentaire du Sénégal repose avant tout sur la maîtrise de ses semences. À ce titre, il a insisté sur la nécessité de stimuler et de soutenir les laboratoires, d’accompagner les chercheurs en synergie avec les partenaires, notamment à travers une diplomatie économique active, afin d’atteindre une production annuelle de 18 000 à 20 000 tonnes de semences certifiées, de satisfaire les besoins nationaux et de limiter les importations.
Les propos du ministre de l’Agriculture
L’Agence de presse sénégalaise a relayé les propos de Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, tenus lors d’une visite à la station de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) de Sangalkam, dans le département de Rufisque, à l’occasion d’une cérémonie de récolte des semences de pommes de terre. L’événement s’est déroulé en présence de l’ambassadeur de Corée du Sud au Sénégal, KwonHyuk-Woon, ainsi que des responsables de la coopération coréenne pour le développement (KOPIA).
À cette occasion, il a précisé que la facture relative aux semences de pommes de terre s’élève à environ 7 351 650 000 francs CFA. Pour la campagne en cours, plus de 20 000 tonnes de semences certifiées subventionnées sont attendues, tandis que 94 % des paiements dus aux opérateurs et fournisseurs avaient déjà été réglés depuis novembre 2025.
Il a également rappelé que le Sénégal produit près de 250 000 tonnes de pommes de terre par an, pour des besoins mensuels estimés entre 12 000 et 15 000 tonnes. Il a souligné que les agriculteurs ont démontré leur savoir-faire et leur volonté de cultiver la pomme de terre. Cependant, il a déploré que, lors de la campagne horticole 2025-2026, près de 12 260 tonnes de semences aient dû être importées, pour un coût total d’environ 5 451 650 000 francs CFA.
Selon le ministre, la production locale de semences pour la même période s’élevait à 1 000 tonnes, pour une valeur estimée à 100 000 000 de francs CFA.
La Corée du Sud en appui
Présent à l’événement, l’ambassadeur de Corée du Sud, KwonHyuk-Woon, a indiqué que sa visite à Sangalkam constituait l’occasion de célébrer une étape importante vers un objectif majeur : l’autosuffisance alimentaire du Sénégal, gage d’une agriculture véritablement souveraine.
Il a souligné que, pour atteindre cet objectif, le pays doit disposer de semences de haute qualité et d’un système de distribution efficace. « Alors que le Sénégal a importé près de 12 000 tonnes de semences l’an dernier, notre ambition commune est de réduire progressivement cette dépendance en renforçant la production locale de semences de qualité », a déclaré le diplomate.
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Dans cette perspective, la République de Corée a réitéré son engagement à soutenir la politique de souveraineté alimentaire du Sénégal, en totale conformité avec les objectifs de la Vision Sénégal 2050. Le diplomate a également assuré que l’appui de son pays au Sénégal demeure constant et durable.
Aboubakar FAÏSSAL


