« Dans nos stratégies d’intervention, nous accordons une place de choix à la la femme », Prospère Agossou SAGBO, DG ATDA7
Dans cet entretien, le Directeur général de l’ATDA 7 met en lumière les avancées enregistrées dans la promotion des droits des femmes dans le secteur agricole béninois. Entre meilleure représentativité, accès accru aux facteurs de production, formations ciblées et défis persistants, il revient sur les efforts engagés pour faire des femmes de véritables actrices du développement agricole.
Quelle est la vision de l’ATDA7 sur l’évolution des droits des femmes ces dernières années ?
Depuis quelques années, nous accordons, dans nos stratégies d’intervention au niveau du secteur agricole, une place de choix à la valorisation du rôle que joue la femme, pas seulement aux côtés des hommes, mais plutôt pour le bon déroulement des activités agricoles. Et c’est en cela que le ministère s’est doté d’une stratégie nationale de promotion du genre.
Et c’est cette stratégie, que nous suivons dans toutes nos activités, qui veut qu’on puisse faire attention à la représentation de la femme dans les instances de prise de décision, à permettre à la femme d’avoir accès aux facteurs de production et à la connaissance et au savoir des technologies pour pouvoir mener ses activités comme cela se doit.
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Quels types d’appuis sont mis à la disposition des femmes dans les différentes filières ?
On veille à ce qu’il y ait un minimum de quotas qui est réservé aux femmes. Il faut dire que dans la promotion des filières prioritaires de l’ATDA7, il y a certains maillons qui constatent naturellement la prédominance de la femme, comme le maillon de la transformation. On travaille à ce qu’elles soient plus présentes également dans les autres maillons, comme la production et la commercialisation. Si nous veillons à ce que la femme soit bien représentée et que la portion considérable lui soit accordée lors de l’identification des bénéficiaires des projets/programmes, une fois enrôlée, elle va naturellement bénéficier du même suivi comme tous les autres acteurs.
Dans les organisations professionnelles agricoles, que ce soit les groupements, les coopératives ou les interprofessions, on veille également à ce qu’il y ait une bonne représentativité des femmes. L’illustration en est que dans l’une de nos filières phares au niveau du PDA7, celle de l’ananas, l’interprofession vient de renouveler les organes dirigeants en janvier passé. Et fort heureusement, c’est une dame qui a pris la tête de la main d’un homme. Ça se fait voir également au niveau des autres filières où des femmes prennent de plus en plus des responsabilités. Cela ne voudrait pas dire qu’on doit désormais dire que le pari est gagné et aller se reposer sur nos lauriers, mais ça doit être un travail de tous les jours.
Quelles sont les défis auxquels les femmes sont confrontées dans le PDA7 et quelles actions sont menées pour les relever ?
Il s’agit des défis liés aux contraintes sociologiques. Je veux parler par exemple de l’accès aux facteurs de production comme la terre. Ce sont des cas que nous trimballons depuis des siècles de nos pratiques endogènes qui constituent des limites à la femme pour accéder aux facteurs de production. Et plusieurs projets ont travaillé à faire changer la donne. Et par rapport à cet aspect-là, il y a également le défi lié à l’accès à la connaissance.
Pendant longtemps, dans nos familles traditionnelles, la fille doit rester à la maison pour aider la maman et c’est le garçon qui doit aller à l’école et qui a l’accès à la connaissance. Et je crois que depuis un bon moment, le paradigme est en train de changer par Aujourd’hui, tous les parents ont compris que c’est tous les enfants qui doivent aller à l’école pour s’instruire et avoir accès à la connaissance pour pouvoir mieux se valoriser sur le marché du travail et de l’entrepreneuriat agricole.
Dans nos programmes, il y a des formations spécifiques que nous faisons pour le leadership féminin. Si une femme doit prendre la tête d’une organisation, quelles sont les aptitudes qu’elle doit avoir, les manières dont elle doit s’y prendre, comment diriger les réunions qui permettent à ce qu’elle puisse bien jouer le rôle à la perfection.
Les autres défis de la femme, c’est l’accès au financement. Et c’est pour régler tous ces problèmes-là qu’il y a des outils innovants mis en place par l’État pour juguler les problèmes liés à la garantie pour faciliter l’accès au financement, qui sont des allégements que l’État a permis à travers des outils spécifiques. Je veux parler par exemple du FNDA qui aborde la question de garantie afin de permettre aux femmes de braver ces contraintes et accéder au financement pour pouvoir développer leurs activités. Il y a des outils spécifiques que l’État a développés pour pouvoir permettre à ce que la femme puisse avoir accès aux entrants, aux facteurs de production et à la connaissance en technologie au même titre que les hommes.
Un mot pour finir
Dans différentes filières, il y a vraiment des femmes leaders qui ont fait de belles réalisations. Je peux en citer quelques unes dans les filières de notre pôle. Ce sont des femmes que j’admire et encourage à maintenir le cap et aller encore plus loin. Il faut aussi les indiquer comme modèle à d’autres femmes qui savent oser entreprendre et aller au-delà des difficultés. Pour les droits des femmes, elles comptent.


