Les engagements du duo Wadagni-Talata pour le secteur de la nutrition
Placée au cœur du développement national, la nutrition devient un levier stratégique du projet de société Wadagni-Talata. Présentée le 21 mars 2026, cette vision ambitionne d’améliorer durablement les conditions de vie des populations, en agissant dès la petite enfance tout en stimulant les secteurs agricole, industriel et social.
Longtemps marquée par une approche fragmentée et peu structurée, la lutte contre la malnutrition au Bénin connaît aujourd’hui une transformation profonde. Le pays enregistre des avancées significatives, notamment grâce à une meilleure coordination des politiques publiques et à la mise en œuvre de programmes à grande échelle.
Les avancées dans l’alimentation
Parmi les résultats les plus marquants, plus de 1,3 million d’enfants bénéficient désormais chaque jour d’un repas chaud à l’école primaire. Une performance rendue possible par l’extension progressive du programme national des cantines scolaires, qui couvre près de 80 % des écoles publiques.
Ce dispositif contribue non seulement à améliorer la sécurité alimentaire des enfants, mais aussi à renforcer leur maintien à l’école.
Cette dynamique s’appuie également sur l’adoption d’une Politique nationale d’alimentation et de nutrition, accompagnée de la mise en place de l’Agence nationale de l’alimentation et de la nutrition (ANAN).
Au-delà de l’école, les efforts se concentrent sur les groupes les plus vulnérables. La supplémentation en vitamine A et le déparasitage des enfants de moins de cinq ans sont désormais généralisées à l’échelle nationale, contribuant à réduire les carences en micronutriments.
Par ailleurs, la distribution de compléments nutritionnels aux femmes enceintes, aux mères allaitantes et aux enfants de 6 à 23 mois a été renforcée, permettant de prévenir les déficits nutritionnels dès les premières étapes de la vie.
Ça ne se limite pas à ça. Les avancées sont inestimables. Une autre avancée, d’ailleurs majeure est l’organisation à Cotonou, en 2025, d’une conférence internationale et d’une table ronde sur la nutrition. Ces rencontres ont permis de mobiliser plus de 250 milliards de FCFA en faveur du secteur, ouvrant la voie à un financement durable des interventions prioritaires.
Vers une couverture totale
Dans la continuité des acquis, le gouvernement ambitionne de généraliser les programmes existants. Le passage à l’échelle nationale du projet «1000 jours+» constitue une priorité, avec un accent particulier sur la période critique allant de la conception jusqu’aux deux ans de l’enfant.
De même, l’objectif est d’atteindre une couverture de 100 % des cantines scolaires dans les écoles publiques, tout en incitant les établissements privés à adopter ce modèle. À cet effet, le gouvernement a pensé à des réformes structurantes pour un système nutritionnel résilient.
Pour l’avenir, le projet Wadagni-Talata prévoit une série de réformes destinées à bâtir un système nutritionnel solide et durable. Parmi les initiatives annoncées figurent le déploiement de l’approche «Nutrition et capital humain», visant à garantir à chaque enfant les conditions de son plein développement.
La construction d’unités locales de production de compléments alimentaires permettra de réduire la dépendance aux importations tout en renforçant la souveraineté sanitaire du pays. En parallèle, la production de semences améliorées, plus riches en nutriments essentiels, contribuera à lutter contre l’anémie et la malnutrition.
Le projet mise également sur la promotion de jardins communautaires et familiaux, en milieu rural comme urbain, afin de permettre aux ménages de produire eux-mêmes une partie de leur alimentation.
Investir dans l’enfant pour bâtir la nation
Au cœur de cette vision, place est faite à une conviction forte. Il s’agit d’investir dans l’enfant. Le projet prévoit ainsi un accompagnement nutritionnel dès la grossesse, suivi d’interventions ciblées durant les 1000 premiers jours de sa vie, période cruciale pour le développement du cerveau et du corps.
À l’âge préscolaire, des programmes combinant alimentation équilibrée et stimulation cognitive prépareront les enfants à une scolarité réussie. Cette approche intégrée, associant nutrition, santé, éducation et protection sociale, vise à maximiser le développement du capital humain.
L’ambition est claire : former des citoyens en bonne santé, bien éduqués et prêts à contribuer activement au développement économique du pays.
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Il convient de préciser qu’à travers le projet Wadagni-Talata, la nutrition s’impose comme un pilier stratégique du développement du Bénin. En misant sur une approche globale et centrée sur l’enfant, le pays se donne les moyens de construire une société plus résiliente, inclusive et prospère.
Aboubakar FAÏSSAL


