Le Ghana mise sur la gratuité des engrais pour relancer son agriculture
Pour stimuler ses récoltes et soutenir ses agriculteurs, le Ghana lance une distribution gratuite d’engrais. Il mise ainsi sur une agriculture plus productive malgré la pression des prix mondiaux.
Dans une volonté affirmée de dynamiser sa production agricole, le Ghana franchit un cap décisif. Le pays entend intensifier l’utilisation des engrais par hectare de terres cultivées, un levier stratégique pour améliorer durablement les rendements et renforcer la sécurité alimentaire.
Pour y parvenir, les autorités ghanéennes déploient, à l’occasion de la campagne agricole 2026, une politique ambitieuse de distribution gratuite d’intrants. Une initiative forte, porteuse d’espoir pour des milliers de producteurs souvent confrontés aux coûts élevés des fertilisants.
Désormais, les agriculteurs pourront accéder à ces ressources essentielles sans en supporter le poids financier. Au-delà d’un simple appui, cette mesure incarne une véritable bouffée d’oxygène pour le monde rural et témoigne de l’engagement du Ghana à bâtir une agriculture plus productive, inclusive et résiliente.
C’est du moins ce qu’il convient de retenir de la mesure annoncée le 21 mars 2026 par le président John Dramani Mahama et relayée par le média Agratime. Dans son communiqué, la source précise que les autorités ont procédé à l’acquisition d’importantes quantités d’engrais, jusque-là commercialisées à des prix subventionnés.
Une évolution majeure pour le secteur agricole
Une évolution majeure qui marque un tournant dans la politique agricole du pays, désormais orientée vers un accès totalement gratuit à ces intrants stratégiques pour les producteurs. Le chef de l’État a en outre demandé, souligne toujours Agratime, que cette fois-ci, ces engrais soient distribués entièrement gratuitement aux agriculteurs.
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Cette décision intervient dans un contexte où les prix des fertilisants subissent une forte pression sur le marché international. En offrant ces intrants gratuitement, le gouvernement ghanéen entend encourager les agriculteurs à étendre leurs superficies cultivées et à investir davantage dans la production agricole, donnant ainsi un véritable coup d’accélérateur à la croissance du secteur et à la sécurité alimentaire du pays.
Néanmoins, le Ghana demeure l’un des pays d’Afrique subsaharienne affichant le plus haut niveau d’utilisation d’engrais par hectare de terres cultivables, avec 28,9 kg en 2023 selon les données de la FAO. Malgré cette performance relative, le pays reste encore loin de l’objectif ambitieux de 50 kg/ha fixé par la Déclaration d’Abuja de 2006, un seuil considéré comme crucial pour assurer une agriculture pleinement productive et durable.
Il convient de rappeler qu’en 2025, le Ghana avait déjà subventionné 200 000 tonnes d’engrais, alors que ses besoins annuels dépassent 426 000 tonnes. Avec la distribution gratuite prévue pour 2026 et la flambée des prix internationaux, le financement de cette opération repose désormais entièrement sur les épaules de l’État.
Aboubakar FAÏSSAL


