Les services publics au cœur de la transformation agricole
cEntre encadrement technique, accès aux ressources et innovations adaptées, cet appui contribue à renforcer les performances du secteur, malgré des défis persistants liés au financement, aux équipements et aux aléas climatiques.
Lors des campagnes agricoles, les producteurs ne sont pas laissés à eux-mêmes. Ils bénéficient d’un accompagnement structuré et d’un appui constant visant à garantir des résultats optimaux en fin de cycle. Cet encadrement repose en grande partie sur l’engagement des services publics, qui œuvrent sans relâche sur le terrain. Leur rôle dans le suivi technique et organisationnel des exploitants s’avère déterminant pour améliorer les performances et assurer la qualité des productions.
L’accès aux équipements, aux financements ou encore la mise en relation avec d’autres acteurs, ainsi que la mise en place de champs de démonstration et d’initiatives de recherche appliquée permettant de tester et d’adapter des solutions aux réalités locales. Les appuis qu’ils apportent aux producteurs sont considérables. Et cela ne représente qu’une partie des nombreuses actions menées, du moins celles que l’on peut évoquer.
Un appui consistant aux producteurs
Les services publics notamment les Directions Départementales de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (DDAEP), les Pôles de Développement Agricole (PDA) et bien plus s’imposent comme les bras opérationnels de l’État au niveau territorial. Ils assurent la coordination, la planification et la mise en œuvre des politiques agricoles.
Ils dépassent le simple cadre administratif pour intervenir activement sur le terrain, à travers des actions concrètes qui, même modestement, contribuent à atténuer les difficultés des cultivateurs. «Ces services publics ne se limitent pas à un rôle administratif ; ils sont au cœur de l’action sur le terrain», a expliqué Sandres SAWADE, superviseur, coach en techniques agricoles et développement d’affaires.
Dans le sillage des réformes du secteur, des structures dédiées à la promotion des filières et des prestataires ont été mises en place pour renforcer l’encadrement des producteurs. « Il y a des structures créées grâce aux réformes qui interagissent directement avec les producteurs pour les accompagner dans leurs activités », a également fait savoir Hafiz Ganda, CCeC à Malanville.
Toutefois, en attendant leur pleine efficacité, l’encadrement reste assuré par les agents publics. «Ce sont les conseillers agricoles et les techniciens spécialisés, coordonnés au niveau communal, qui assurent le suivi, l’appui et le conseil au profit des agriculteurs», a-t-il précisé.
L’accompagnement sur le terrain
Sur le terrain, cet accompagnement repose sur une approche participative et progressive. Des diagnostics sont réalisés avec les communautés afin d’identifier les contraintes majeures, avant la mise en place d’unités de conseil dans les villages. «Au niveau des localités couvertes, les prestataires font un diagnostic avec les producteurs, puis des volontaires s’engagent dans un processus d’apprentissage», a expliqué Hafiz Ganda.
Des champs de démonstration et des initiatives de recherche appliquée permettent ensuite de tester des solutions adaptées aux réalités locales. « Il s’agit d’accompagner les producteurs pas à pas », a insisté Sandres SAWADE, soulignant que ce suivi de proximité favorise l’adoption de bonnes pratiques et l’amélioration des rendements.
Qu’il s’agisse d’accès aux équipements, de financement ou de mise en relation avec d’autres acteurs, les besoins sont identifiés à la base et pris en compte dans l’accompagnement. « Sans cet appui structuré, il serait difficile d’obtenir des résultats durables », a-t-il conclu.
Des difficultés récurrentes
Tout en saluant la qualité de l’accompagnement Hafiz Ganda reconnaît que plusieurs difficultés persistent sur le terrain. Malgré les efforts déployés, l’accès aux financements constitue un casse-tête pour de nombreux exploitants, freinant l’adoption de technologies modernes.
À cela s’ajoutent l’insuffisance ou le coût élevé des équipements agricoles, les aléas climatiques de plus en plus imprévisibles, ainsi que les difficultés d’accès aux marchés rémunérateurs. Par ailleurs, il a souligné que le nombre parfois insuffisant de conseillers agricoles face à l’étendue des zones à couvrir peut réduire l’efficacité du suivi de proximité.
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Autant de contraintes qui, selon lui, nécessitent des solutions renforcées et durables pour consolider les acquis et améliorer davantage les performances du secteur agricole.
Il importe de souligner qu’en misant davantage sur les nouvelles technologies, en intensifiant les efforts et en développant des solutions face aux aléas climatiques, l’agriculture béninoise pourrait atteindre un niveau de performance élevé, avec des conditions de travail nettement améliorées pour les producteurs.
Une telle dynamique favoriserait de meilleurs rendements et contribuerait significativement au renforcement de la sécurité alimentaire du pays.
Aboubakar FAÏSSAL


