Les prix du sucre en forte baisse
Les prix du sucre brut ont reculé sur le marché international entre janvier et décembre 2025, notamment sur l’Intercontinental Exchange (ICE), sous l’effet d’une production mondiale excédant la demande. Selon la Banque mondiale, l’USDA et la FAO, cette tendance pourrait se poursuivre en 2026.
En 2025, le sucre s’est distingué comme l’une des matières premières agricoles ayant enregistré les plus fortes baisses de prix sur les marchés internationaux. Cette évolution s’explique par un déséquilibre du marché, marqué par une offre mondiale supérieure à la demande.
Sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de New York, les cours du sucre brut ont clôturé à 15,01 cents la livre (331 dollars la tonne) le 31 décembre 2025, contre 18,08 cents la livre (398,5 dollars la tonne) le 2 janvier 2025, soit une baisse de 16,9 % sur douze mois.
Selon la Banque mondiale, ce recul s’explique par les anticipations d’un surplus sur le marché mondial pour la campagne 2025-2026. Les données de l’USDA confirment ce déséquilibre structurel : la production mondiale est attendue à 189,25 millions de tonnes, contre une consommation estimée à 178,11 millions de tonnes. Cet écart crée un excédent qui exerce une pression baissière durable sur les prix.
De son côté, la FAO évoque un surplus plus modéré de 5,1 millions de tonnes, confirmant néanmoins une tendance globale à l’abondance de l’offre.
Une offre abondante qui pèse sur les prix
L’accumulation de sucre sur le marché se traduit par une hausse des stocks mondiaux de 5 %, atteignant 44,4 millions de tonnes. Selon la Banque mondiale, cette progression renforce la disponibilité du produit à l’échelle internationale et contribue à maintenir les prix à un niveau bas.
Dans ce contexte, l’institution anticipe également une baisse supplémentaire de 3 % des prix moyens en 2026, prolongeant la dynamique observée en 2025.
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Des opportunités pour les importateurs africains
Cette configuration du marché représente une opportunité économique pour les pays fortement dépendants des importations. La baisse des cours permet de réduire les coûts d’approvisionnement et de limiter la hausse des prix des produits alimentaires.
Selon la FAO, les importations africaines de sucre devraient croître de 4,5 % pour atteindre 18,5 millions de tonnes en 2025-2026, traduisant une demande soutenue dans un contexte d’offre abondante.
Des pays comme l’Algérie, le Nigéria, le Maroc, l’Égypte et le Soudan concentrent près de 46 % des importations du continent, les plaçant en première ligne pour tirer parti de cette baisse des prix.
Une tendance favorable appelée à durer
La détente des cours du sucre illustre un rééquilibrage du marché mondial au profit des importateurs. Sauf choc majeur, cette tendance devrait se maintenir en 2026, renforçant les effets économiques positifs pour les pays dépendants du marché international.
Mystéria ALLAHIZI


