DU CHAMP AU MARCHE URBAIN

Du champ au marché urbain, le parcours des produits agricoles reste semé d’obstacles. Entre difficultés de transport, pertes post-récolte et fluctuations des prix, producteurs, transporteurs et commerçants font face à une chaîne d’approvisionnement encore fragile. Une situation qui impacte directement leurs revenus et le pouvoir d’achat des consommateurs.

Les producteurs béninois freinés par une logistique de transport défaillante et les pertes

Du champ au marché urbain, le parcours des produits agricoles reste semé d’obstacles. Entre difficultés de transport, pertes post-récolte et fluctuations des prix, producteurs, transporteurs et commerçants font face à une chaîne d’approvisionnement encore fragile. Une situation qui impacte directement leurs revenus et le pouvoir d’achat des consommateurs.

Du champ au marché urbain, le parcours des produits agricoles reste semé d’obstacles. Entre difficultés de transport, pertes post-récolte et fluctuations des prix, producteurs, transporteurs et commerçants font face à une chaîne d’approvisionnement encore fragile. Une situation qui impacte directement leurs revenus et le pouvoir d’achat des consommateurs.

Dans les zones rurales du Bénin, de nombreux producteurs agricoles peinent à trouver des débouchés stables pour leurs récoltes. À Agbangnizoun, Raoul DENON, agriculteur et éleveur, cultive plusieurs cultures vivrières comme le maïs, l’arachide et le haricot, qu’il vend principalement sur les marchés locaux ou directement aux consommateurs. Mais plusieurs obstacles, comme les difficultés de transport, les pertes de produits et l’accès limité aux acheteurs, freinent son activité. C’est en ce sens qu’il affirme : « Parfois, nous devons collaborer avec des acheteurs qui avancent de l’argent pour la production, mais cela impacte nos prix de vente et réduit nos revenus ».

L’acquisition d’un tricycle a amélioré ses capacités de transport, mais le manque de moyens logistiques adaptés reste un frein majeur au développement de son exploitation, explique-t-il.

Transport agricole fragilisé

Dans le système de distribution agricole béninois, le transport joue un rôle crucial pour relier les zones de production aux marchés urbains, mais il reste fortement fragilisé par l’état des routes et les contraintes administratives. Boukari, transporteur d’un véhicule gros porteur de marchandises, résidant à PARAKOU, assure régulièrement ce trajet stratégique. Il transporte principalement des produits vivriers ainsi que divers colis.

Mais son activité reste confrontée à plusieurs difficultés, notamment des routes dégradées, les risques liés aux colis transportés et les contrôles administratifs, qui entraînent retards, complications et pertes pour le transporteur. « Entre Parakou et Dassa, la route n’est pas dégradée, mais au-delà, certaines portions sont endommagées », explique-t-il. À cela s’ajoutent les tracasseries douanières. Il poursuit son intervention en affirmant que : « Quand un colis est suspect, le véhicule peut être immobilisé, même si le chauffeur ignore le contenu. Cela entraîne retards et pertes ».

Lire aussi : MALI : Une campagne agricole sous pression face à l’insécurité et au climat 

Commerçants urbains sous pression

Les obstacles rencontrés par les producteurs et transporteurs se répercutent directement sur les commerçants des marchés urbains. À Abomey-Calavi, dans le marché d’AKASSATO, Ida HODONOU, vendeuse de produits vivriers, s’approvisionne principalement dans le nord du pays et ses environs.

Elle doit faire face à de nombreux coûts, entre l’achat des produits, le transport, les frais de place au marché et les pertes liées à la détérioration des marchandises. « Quand le transport devient cher ou difficile, cela se répercute sur nos prix de vente », explique-t-elle.

Le même constat est partagé par Justine OKE, vendeuse de mangues dans le marché de KPOTA : « Les fruits mûrissent vite et se gâtent s’ils ne sont pas vendus à temps. Le transport peut aussi les abîmer », souligne-t-elle, illustrant ainsi les contraintes concrètes de la chaîne d’approvisionnement pour les commerçants urbains.

Face à ces différentes contraintes, Cyrille DJOWAMON, agro-socio-économiste, souligne que les difficultés observées tout au long de la chaîne d’approvisionnement ne sont pas isolées, mais structurelles. Selon lui, les problèmes de transport, les pertes post-récolte et le manque d’organisation des circuits de distribution contribuent à fragiliser l’ensemble du système. Il poursuit son intervention en affirmant que ces dysfonctionnements entraînent une instabilité des prix sur les marchés urbains, pénalisant à la fois les producteurs, les commerçants et les consommateurs.

Ainsi, améliorer l’accès aux marchés urbains nécessite une meilleure organisation du transport, un renforcement des infrastructures et un accompagnement des acteurs de la chaîne agricole. Sans ces ajustements, les difficultés actuelles risquent de persister, limitant ainsi le potentiel de développement du secteur agricole et l’accès des populations à des produits alimentaires à des prix plus stables.

Mystéria ALLAHIZI

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