Au Bénin, les politiques semencières ont permis de structurer le secteur agricole et de faciliter l’accès à des semences de qualité. Pourtant, malgré ces avancées, des faiblesses continuent de freiner pleinement le développement du secteur
Au Bénin, les politiques semencières ne se limitent pas à de simples textes. Elles façonnent silencieusement l’avenir de l’agriculture. Derrière chaque décision se dessine la volonté de rendre les semences plus accessibles, plus performantes et adaptées aux réalités locales.
Certes, quelques défis persistent, mais leur impact positif reste indéniable. Sur le terrain, dans plusieurs localités, les semenciers s’activent avec passion. Ils produisent une diversité de semences qui nourrissent les champs et soutiennent les communautés, dans des domaines aussi variés que le forestier, le fruitier et le maraîcher.
Un atout pour la qualité agricole
La politique semencière constitue un véritable pilier de structuration du secteur agricole. Elle instaure un cadre réglementaire clair qui met l’accent sur la qualité, la traçabilité et la normalisation des semences. « La politique semencière me permet de travailler dans un cadre structuré qui met l’accent sur la qualité », a déclaré Emmanuel Awoudegnon, semencier et fermier à Togba.
À l’en croire, ce cadre offre aux acteurs une meilleure visibilité et favorise une organisation plus professionnelle de leurs activités. L’un des principaux atouts de cette politique réside dans l’accès facilité aux formations techniques. « Elle facilite l’accès à des formations techniques et à un encadrement adapté », a-t-il ajouté.
SAKÉTÉ : Le duo Wadagni–Talata dévoile ses ambitions agricoles
Par ailleurs, le système de certification mis en place joue un rôle déterminant. « La certification renforce la fiabilité de mes semences et la confiance des utilisateurs », a-t-il souligné. Ce mécanisme garantit que les semences respectent les normes de qualité en vigueur, consolidant ainsi la crédibilité des producteurs.
Aussi, la disponibilité des semences auprès de Bénin Semences simplifie le travail en évitant le suivi complet du cycle des cultures et en offrant un accès facile à une large gamme de semences maraîchères. « Grâce à la disponibilité des semences auprès de Bénin Semences, nous n’avons plus besoin de suivre de très près la fin du cycle des cultures pour produire nos propres semences », a expliqué Claude DANDJO, technicien agricole.
Plus loin, Claude DANDJO souligne que l’accès à une large gamme de semences maraîchères facilite grandement leur travail. « Nous continuons la multiplication de certaines cultures comme la pastèque, la papaye, le melon et le gombo », a-t-il précisé.
Faiblesses et contraintes
Malgré les avancées enregistrées grâce à la politique semencière, les acteurs du secteur continuent de faire face à plusieurs contraintes. « Les principales difficultés sont liées au manque de financement, au coût des intrants de qualité et aux conditions climatiques », a fait savoir Emmanuel Awoudegnon, semencier.
Il précise également que des obstacles subsistent au niveau de la certification et de la conservation des semences. « Le coût, le manque d’information et l’insuffisance de réseaux de distribution limitent encore l’accès des producteurs aux semences », a-t-il ajouté, tout en soulignant ses efforts pour rapprocher ses produits des agriculteurs.
Du côté de Bénin Semences, l’approvisionnement n’est pas toujours garanti. « Nous constatons parfois des ruptures de stock et, pour obtenir certaines semences, nous devons passer commande à Cotonou », a indiqué Claude DANDJO, technicien agricole. Cette situation illustre les efforts nécessaires pour améliorer la disponibilité et la distribution des semences sur l’ensemble du territoire.
Face à ces faiblesses et difficultés, il est crucial de mettre en place des alternatives visant à améliorer l’accès au financement, à renforcer les circuits de distribution et à simplifier les procédures de certification. Il est également essentiel de sensibiliser davantage les agriculteurs à l’utilisation de semences de qualité afin d’optimiser leurs rendements.
Aboubakar FAÏSSAL


