La Côte d’Ivoire se dote d’une usine d’une capacité de 150 000 m³
Pour un accès durable à l’eau potable, la Côte d’Ivoire se dote de l’usine de la lagune Aghien, marquant un tournant majeur. Dotée d’une capacité de 150 000 m³ par jour, elle devient ainsi un levier stratégique pour le développement économique, social et sanitaire du pays.
La Côte d’Ivoire franchit un cap décisif dans sa politique d’accès à l’eau potable. À Anyama, l’usine de traitement d’eau potable de la lagune Aghien, implantée à Anyama Débarcadère, dans la sous-préfecture de Brofodoumé, est désormais achevée à 100 %. Dotée d’une capacité de 150 000 m³ par jour, cette infrastructure stratégique permettra d’alimenter près de deux millions d’habitants, de Cocody à Bingerville, à l’horizon 2040, en réponse à la croissance démographique et aux besoins croissants en eau potable dans le Grand Abidjan.
Visite de l’usine de traitement d’eau potable de la lagune Aghien
Selon les informations publiées sur le site du gouvernement ivoirien, la visite effectuée le mardi 24 février 2026 sur le chantier marque une étape décisive. À cette occasion, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Amédé Koffi Kouakou, a placé l’accès à l’eau potable au cœur de son action pour les cinq prochaines années.
L’infrastructure étant achevée à 100 %, l’autorité ministérielle a précisé que la dernière ligne droite consiste désormais à poser les canalisations nécessaires pour acheminer l’eau traitée vers les ménages. Une étape finale qui ouvre la voie à une amélioration concrète et durable de l’approvisionnement en eau dans le Grand Abidjan.
Insistant sur le fait qu’il est désormais possible d’assurer l’approvisionnement en eau des populations concernées, le ministère a toutefois appelé à la patience. La pleine efficacité du dispositif dépend encore de la pose des différentes canalisations qui permettront de raccorder les ménages et de finaliser le réseau de distribution.
S’adressant particulièrement aux communes d’Anyama, d’Abobo et à une partie de Yopougon, régulièrement confrontées à des pénuries, le ministre Amédé Koffi Kouakou a tenu à rassurer. Il a indiqué que l’usine de la Mé, dotée d’une capacité d’environ 250 000 m³ par jour, viendra renforcer l’approvisionnement et contribuer à résorber durablement les difficultés d’accès à l’eau potable dans ces zones.
Le déploiement de l’usine
Déployée en deux étapes, l’usine de traitement d’Aghien entame progressivement sa montée en puissance. Dans sa phase 1, elle desservira principalement Cocody, avant d’étendre sa couverture, en phase 2, à Bingerville et à d’autres quartiers de Cocody. Pour l’heure, la production s’élève déjà à 22 000 m³ d’eau par jour, prélude à une capacité bien plus ambitieuse.
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Poursuivant sa tournée, le ministre s’est rendu à l’usine de production d’eau potable d’Akandjé 1 et 2, située dans la commune de Cocody. Mise en service en 2015, Akandjé 1 affiche une capacité de production de 600 m³ par heure, pour un stockage de 800 m³. Quant à Akandjé 2, elle est quasiment achevée, annonçant un renforcement supplémentaire du dispositif d’alimentation en eau dans le Grand Abidjan.
La Côte d’Ivoire met la barre haute pour une eau saine
En optant pour des infrastructures de grande capacité, la Côte d’Ivoire ne se contente pas de répondre à l’urgence des pénuries. Elle anticipe la croissance urbaine et consolide les bases de son développement. Une production massive et sécurisée d’eau potable peut réduire les crises sociales liées aux coupures, améliorer la santé publique, attirer davantage d’investissements et soutenir l’industrialisation du Grand Abidjan. À terme, cette avance infrastructurelle pourrait renforcer la compétitivité du pays dans la sous-région.
Au-delà de leur fonction d’approvisionnement, les usines d’Aghien et de la Mé constituent un levier stratégique pour la Côte d’Ivoire. Elles garantissent un accès stable à l’eau potable pour des millions d’habitants, soutiennent la santé publique, réduisent les tensions sociales liées aux pénuries, stimulent l’activité économique et favorisent une urbanisation maîtrisée.
En consolidant ces bases, le pays se positionne comme un modèle régional en matière d’infrastructures hydrauliques, avec des retombées positives sur sa croissance et son rayonnement sous-régional.
Aboubakar FAÏSSAL


